Jouer à La Borde. Théâtre en psychiatrie de Henri Cachia. CINÉMA

vendredi 11 août 2017
par  CP
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Jouer à La Borde Théâtre en psychiatrie Henri Cachia (éditions libertaires)

Préface de Yannick Oury-Pulliero & dessins de René Caussanel

Entretien avec Henri Cachia, extraits de l’émission « la philanthropie de l’ouvrier charpentier » de Radio Libertaire avec Philippe et Alexandrine.

Lectures d’extraits du livre par Nicolas Mourer

Que Dios nos perdone de Rodrigo Sorogoyen

Une femme douce de Sergei Loznitsa

120 battements par minute de Robin Campillo

Belle expérience que cet endroit exemplaire qu’est La Borde où l’on n’entend pas le bruit des clés comme le souligne Philippe, animateur de l’émission « la philanthropie de l’ouvrier charpentier » sur Radio Libertaire.

Pas de clés, pas de hiérarchie, pas de division entre patients, pardon pensionnaires, et personnel soignant… Décidément il faut que ça continue La Borde comme le dit Henri Cachia, auteur de ce livre qui se veut le témoin de la créativité et de la politique de remise en question permanente concernant la relation et les rapports soignants et soignés. Cette expérience, Henri Cachia l’a vécue avec curiosité et passion, depuis le partage au quotidien dans cet espace, jusqu’à la création théâtrale. Henri le comédien se pose même la question du théâtre en psychiatrie, sur son effet, sa finalité, sa réalisation surprenante dépassant les normes du jeu théâtral et atteignant parfois le sublime, différent et inattendu. La Borde est un lieu magique et nécessaire, c’est certain.

Musiques : Tony Hymas joue Léo Ferré, l’Espoir, l’Oppression, la Mémoire de la mer, la Vie d’artiste, Petite, l’Amour fou, les Anarchistes et Villa Paradisio de Léo Nissim.
Cet entretien a été réalisé par Philippe et Alexandrine
et diffusé dans son intégralité dans l’émission la Philosophie de l’ouvrier charpentier sur Radio Libertaire, tous les samedis à partir de 10 heures.

CINÉMA

Que Dios nos perdone de Rodrigo Sorogoyen

Un vrai polar situé dans le Madrid de l’été 2011. Au contexte tendu de la ville avec l’émergence du mouvement des indignés et la visite du Pape Benoît XVI, s’ajoutent les assassinats d’un serial killer. Deux flics, anachroniques dans leurs méthodes d’enquête, sont chargés d’enquêter. Un thriller qui pose la question de la violence dans la société. (sur les écrans le 9 août 2017)

Autre film sur la violence, cette fois en Russie, la violence administrative et la violence pénitentiaire :

Une femme douce de Sergei Loznitsa

Sans aucune explication, retour à l’envoyeur d’un colis qu’une femme a envoyé à son mari incarcéré dans une lointaine prison. Elle veut comprendre, mais se heurte chaque fois aux règlements, à l’indifférence et à la grossièreté. Sans nouvelles, elle décide de partir à la prison et la quête tourne au cauchemar. On pense au roman de Kafka, le Procès, et à son adaptation cinématographique par Orson Welles. La jeune femme devient la proie désignée d’un système dont elle semble ignorer les codes. Pour qualifier son film, le réalisateur dit que c’est une « métaphore d’un pays où les gens se font perpétuellement violer.  » (sur les écrans le 16 août 2017)

120 battements par minute de Robin Campillo

Le film est certes présenté comme un phénomène cinématographique, salué par la critique et ayant reçu le Grand prix du jury au Festival de Cannes. Mais, au delà de ce succès médiatique, qui renvoie essentiellement sur l’aspect émotionnel, ultra présent dans le film et remarquablement transposée par l’interprétation des comédien.nes, il y a également tout le contexte de la lutte d’ACT UP pour faire reconnaître l’épidémie du sida, pour informer, pour avoir accès aux résultats des recherches en laboratoire, pour dénoncer le profit des labos, de même que le scandale du sang contaminé, mais aussi l’entretien pernicieux d’une homophobie dominante…

Dans ce début des années 1990, la lutte des militant.es d’Act up contre l’épidémie du virus du sida est encore dissimulée au grand public, les risques sont éludés, utilisés, manipulés la plupart du temps… La désinformation bat son plein qui étiquette le virus comme une maladie de pédés, les religions s’en mêlent qui interprètent l’infection comme une fatalité divine ! Tandis que le virus tue depuis une décennie.

120 battements par minute de Robin Campillo est un film passionnant, un véritable coup de poing… Il relate les actions d’ACT UP, les discussions au sein du groupe, les contradictions, la mobilisation, les slogans, les « coups médiatiques » contre l’ignorance et le déni des politiques et des médias. C’est un grand film politique et engagé.

Tous les ans, des militant.es d’ACT UP sont dans le cortège du 1er mai libertaire et témoignent de la lutte à mener aujourd’hui, en France et partout dans le monde. Alors si le succès de 120 battements par minute de Robin Campillo peut relancer la conscience qu’une lutte est plus que jamais essentielle, tant mieux ! La lutte continue…

Silence = mort dit le slogan. (le film sort le 23 août 2017)

120 battements par minute de Robin Campillo fait aussi resurgir la lutte depuis les années1970 du Front homosexuel d’Action Révolutionnaire, le FHAR, que la caméra toujours présente de Carole Roussopoulos a filmé lors de manifestations et d’assemblées générales.
Extrait du film Le FHAR. Front homosexuel d’Action Révolutionnaire.

Musique >>>>> XJapan, Standing Sex. BO du film qui sort à alrentrée