Pouvoir de détruire, pouvoir de créer. Vers une écologie sociale et libertaire de Murray Bookchin. Le déserteur de Maxilme Giroux

lundi 2 septembre 2019
par  CP
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Pouvoir de détruire, pouvoir de créer
Vers une écologie sociale et libertaire

Murray Bookchin
(L’échappée)
Traduction de Helen Arnold, Daniel Blanchard et Renaud Garcia.
Textes choisis et commentés par Helen Arnold, Daniel Blanchard, Renaud Garcia et Vincent Gerber.
Préface de Daniel Blanchard.

Le déserteur
Film de Maxilme Giroux (28 août 2019)

Pouvoir de détruire, pouvoir de créer. Vers une écologie sociale et libertaire de Murray Bookchin paraît aux éditions L’échappée, sous forme de plusieurs textes rassemblés dans une chronologie de 1969 à 1995. La difficulté pour introduire en quelques lignes ce choix de textes de Murray Bookchin est de distinguer tel ou tel sujet en particulier, en effet faire un focus n’est guère aisé puisque ses écrits montrent à quel point tous les aspects du problème écologique abordés par Bookchin sont liés face à un système capitaliste et ses diverses applications et répercussions. Sa pensée est étonnamment actuelle et il est troublant de constater que ses analyses ont des allures de prédiction. Il faut rappeler qu’il dénonce les dangers destructeurs du capitalisme dès les années 1960, comme dans ce texte de 1969 : « Dans pratiquement toutes les régions, cette société empoisonne l’air, pollue les cours d’eau, délave les sols, déshydrate la terre, détruit la flore et la faune. Ni les régions côtières ni les profondeurs de la mer n’échappent à cette souillure. Plus grave encore à long terme est le dommage peut-être irréversible qui est infligé aux cycles biologiques fondamentaux, comme ceux du carbone et de l’azote dont dépendent le maintien et le renouvellement de la vie de tous les êtres vivants, y compris l’être humain. »

S’agit-il d’un don d’ubiquité ? Dans tous les cas, Murray Bookchin avait une conscience aigue de l’urgence qu’il y avait déjà d’envisager et de construire une écologie sociale et libertaire dans un monde géré par une minorité inconsciente et mortifère, guidée par la seule idée du profit…

La radicalité de sa critique de la société et la construction d’une pensée pour une nouvelle société ont une influence certaine, notamment en Turquie sur le Parti des travailleurs du Kurdistan et sur l’expérience de mise en place d’une confédération de communes, démocratique, multiconfessionnelle et écologiste dans le Kurdistan syrien, au Rojava. « Les conflits économiques, ethniques, culturels ou de genre, parmi tant d’autres, se situent à l’origine des bouleversements écologiques d’une importance cruciale auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés ». D’où l’importance de la publication de ces textes de Bookchin, remarquablement traduits et essentiels pour mener une réflexion, Pouvoir de détruire, pouvoir de créer.

À noter que Bookchin a également conscience de l’émergence, dès les années 1980, d’un opportunisme et d’une récupération voulant réduire le « mouvement écologiste à l’état de simple cosmétique pour la société ». C’est pourquoi il insiste sur le fait que « l’action écologique est fondamentalement une action sociale. Ou bien nous nous attaquons aux racines sociales de la crise écologique actuelle, ou bien nous glisserons vers le totalitarisme. » Et vu la situation aujourd’hui, il y a matière à réflexion s’agissant d’un glissement vers le totalitarisme. Pour le dire simplement, à continuer ainsi, on va droit dans le mur !

Dans la préface, Daniel Blanchard revient sur un point majeur, « l’exigence d’une démocratie égalitaire et réelle » qui, dans le contexte des luttes « et de celles qui ne manqueront pas de surgir à l’avenir […] peut, dès maintenant, trouver un de ses terrains de diffusion les plus concrets ». Car, pour reprendre l’analyse de Bookchin « Ou bien nous réaliserons une écotopie fondée sur les principes écologiques, ou bien nous régresserons en tant qu’espèce. » Ce qui, à terme, peut provoquer la disparition des conditions organiques de la vie humaine : « Un tel aboutissement de la société de production pour la production n’est » qu’une question de temps.
Lectures de plusieurs extraits de Pouvoir de détruire, pouvoir de créer
Vers une écologie sociale et libertaire
par Nicolas Mourer.
En compagnie de Helen Arnold, Daniel Blanchard et Élise Gaignebet, traductrice de la Vie de Murray Bookchin. Écologie ou catastrophe de Janet Biehl.

Le déserteur
Film de Maxilme Giroux (28 août 2019)


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