Jours tranquilles à Birzeit, en Palestine, mars 2004

lundi 18 février 2008
par  CP
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Samedi 27 mars 2004. Camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse, Cisjordanie. Un enfant de 7 ans, Khaled Maher, est gravement blessé par une balle tirée par un soldat depuis une jeep de l’armée israélienne. L’ambulance transportant l’enfant est bloquée par les militaires et l’enfant décède avant de pouvoir atteindre l’hôpital.
La mort d’un enfant, une anecdote ?

Jours tranquilles à Naplouse, en Cisjordanie ou dans la Bande de Gaza… Banalisation de l’inacceptable, escalade d’une colonisation qui refuse de dire son nom…

Humiliations quotidiennes, mépris des droits humains, règne de l’arbitraire aux barrages et ailleurs, destructions de maisons, tirs des colons sur les habitations palestiniennes, arrogance des militaires… Tout semble permis, intensification de la tension, assassinats ciblés, bombardements, tirs sur les civils, la “ routine ” de l’occupation qui détruit tout espoir de paix et met en danger, non seulement la population palestinienne, mais aussi la population israélienne.

Le gouvernement israélien ne veut ni la paix, ni les négociations, ni la sécurité. La fuite en avant de ce gouvernement — auto-justifiée par la sécurité — montre qu’il est plus facile de répondre aux attentats tuant des civils qu’aux tentatives de dialogue. En “ blâmant les victimes ”, la violence devient légitime.

Il faut aussi justifier l’annexion de territoires palestiniens avec la construction du mur. Le mur de la honte — haut de huit mètres à certains endroits — coupe les villages, sépare les familles, les voisins, éloigne encore les gens de leur travail, emprisonne toujours plus…
Le mur, c’est 16 000 hectares de terres confisquées, 30 puits expropriés pour un total d’environ 4 millions de mètres cubes d’eau, la destruction des oliviers, des puits, des vergers ; 55 villages destinés à être coupés de leurs terres et de leurs puits ; des dizaines de milliers de Palestiniens privés de toute source de revenus ; 98 % des colons israéliens désormais installés dans les zones annexées de facto. ” (Action for Peace, plate-forme des ONG pour la Palestine.)

Le mur se situe entre les enfants et leurs écoles, les étudiants et leurs universités, les malades et leur médecin, entre les parents et leurs enfants, entre les villages et leur puits, entre les paysans et leurs champs. ” Uri Avneri, président de Gush Shalom.

Gaza est déjà coupée du reste de la région : 1 million et demi de Palestiniens sont enfermés par une barrière électrifiée. La notion de “ transfert ” fait son chemin dans les esprits, le terme n’est plus tabou dans les médias israéliens, un “ transfert ” détourné, un nettoyage ethnique de “ basse intensité ”, comme cette colonisation qui grignote les territoires palestiniens à l’est de Jérusalem, vers Jéricho.
À travers des entretiens avec quatre étudiantes — Irène, Maha, Hadeel et Rania — à l’université de Birzeit, près de Ramallah, on comprend mieux le quotidien de la population palestinienne et les conséquences graves de l’occupation.


Voir la transcription des entretiens dans transcriptions, archives des Chroniques rebelles.

Photos Geneviève Coudrais.