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Samedi 13 janvier 2024
Cimetière fantôme Martin Barzilai (Creaphis éditions). Les Chambres rouges de Pascal Plante. Stella. Une vie allemande de Kilian Riedhof. Primadonna de Marta Savina. Animal de Sofia Exarchou. Krisha et le maître de la forêt de Park Jae-Beom. Anti-Squat de Nicolas Silhol en DVD BR VOD
Article mis en ligne le 15 janvier 2024

par CP

Cimetière fantôme
Martin Barzilai (Creaphis éditions)

Entretien avec Martin Barzilai

Les Chambres rouges
Film de Pascal Plante (17 janvier 2024)

Stella. Une vie allemande
Film de Kilian Riedhof (17 janvier 2024)

Primadonna
Film de Marta Savina (17 janvier 2024)

Animal
Film de Sofia Exarchou (17 janvier 2024)

Krisha et le maître de la forêt
Film de Park Jae-Beom (17 janvier 2024)

Anti-Squat
Film de Nicolas Silhol (16 janvier 2024 : DVD BR VOD)

Cimetière fantôme
Martin Barzilai (Creaphis éditions)

Entretien avec Martin Barzilai

C’est l’histoire d’un cimetière, d’un fantôme de cimetière puisqu’il a été éradiqué, une manière de nier la mémoire d’une population importante, exilée depuis la fin du XVe siècle, conséquence de l’arrivée d’une reine — Isabelle la catholique —, bien décidée dans sa fureur fervente d’un catholicisme assassin à pourchasser toutes les communautés non chrétiennes du sol espagnol reconquis. Les populations juives et musulmanes, qui avaient vécu jusqu’alors en symbiose avec les autres courants confessionnels, durent s’exiler, se convertir ou se faire massacrer. Thessalonique, anciennement Salonique, devint ainsi l’un des refuges depuis 1492 pour les « séfarades », qui préfèrent le terme « judéo-espagnols », ainsi que le Sud de la France ou encore le pourtour méditerranéen, notamment en Afrique du nord et au-delà, Alexandrie en Égypte, Fès au Maroc, etc.
Étrangement, l’exil juif vers Thessalonique, aussi important fut-il au cours des siècles — la communauté juive représentait 80 % de la cité pour 20 % d’orthodoxes et d’ottomans à la fin du XIXe siècle —, et leur installation seront effacé.es du souvenir national grec. Salonique, devenue ensuite Thessalonique, était alors une ville prospère grâce à son port et à ses échanges commerciaux internationaux… Des échanges, tant économiques qu’intellectuels jusque dans les années 1920 et 1930, où la montée des idéologies d’extrême droite fait des ravages en Grèce comme dans d’autres pays. Un pogrom a lieu en 1931, et après 1933, l’inquiétude est générale parmi la population juive et « en 1941, avec l’occupation de la ville par les nazis, qui en font leur quartier général en Grèce, le sort des juifs saloniciens est scellé. » C’est à cette époque que la destruction du cimetière commence, le « sociocide » précède le génocide planifié. De mars à août 1943, plus de 48 000 juifs/juives sont déporté.es — hommes, femmes et enfants — vers les camps d’extermination. Et force est de constater que les autorités grecques « ont cultivé avec art l’oubli – la négation – de l’extermination des juifs de leur nation, et en particulier les plus nombreux, ceux de Thessalonique. ».
« Il n’est rien resté à Salonique » ? Malgré les efforts de déni, il semble que certains et certaines ne veulent pas que ce cas exemplaire de sociocide soit ignoré et l’ouvrage de Martin Barzilai y contribue avec les témoignages recueillis et les photos étonnantes qu’il a réalisé sur place, preuves irréfutables de l’existence d’une communauté juive dans la ville grecque. Le cimetière fantôme souligne l’importance d’une mémoire non falsifiée et permet également de revenir sur les événements actuels.
Après son livre remarquable de photos et de témoignages sur les Rekuzniks, Martin Barzilai nous offre avec Cimetière fantôme un livre rare et essentiel sur l’histoire effacée.

Extrait : « En architecture, le réemploi de matériaux est une habitude qui remonte à la plus haute Antiquité, banale. À Thessalonique on a innové en doublant en temps réel la disparition des juifs ordonnée par les nazis d’une collaboration efficace : les Grecs non juifs ont fait plus que saccager et désacraliser le cimetière des juifs, ils ont fait plus que les spolier, les voler, reprendre leurs activités économiques. Ils ont, consciemment ou pas, volé leurs mémoires, leurs traces, éradiqué leur présence séculaire même. […] Dans les années 1990, très lentement, l’anamnèse de la destruction des juifs de Salonique/Thessalonique s’est opérée, avant tout chez les descendants disséminés à travers le monde essayant d’extirper leur histoire de l’oubli et quelques témoins locaux, juifs ou pas. En 2001 s’est ouvert à Thessalonique un musée qui conte l’histoire juive de la ville, dont celle du cimetière. Mais c’est en 2004 seulement qu’a été fait mention de la Shoah dans les programmes scolaires grecs comme si cela ne concernait pas ce pays, qui refuse toujours les restitutions financières aux quelques survivants ou à leurs descendants vivant en Grèce ou ailleurs. On invisibilise et nie ainsi et l’existence multiséculaire des juifs dans le pays et la Shoah. »

Les Chambres rouges
Film de Pascal Plante (17 janvier 2024)

Deux jeunes femmes se réveillent à l’aurore aux portes du Palais de Justice de Montréal pour assister au procès hyper médiatisé d’un tueur en série qui a filmé la mise à mort de ses victimes. Cette obsession maladive les conduira dans les recoins les plus sordides du Dark Web, là où les vidéos de meurtres se vendent aux enchères...
Zoom avant très lent sur Kelly-Ann, son image à travers les vitres du métro, passage de la rame pour enchaîner sur un autre plan. Kelly-Ann pose pour des photos de mode, habite un très bel appartement totalement impersonnel, dans une tour, où elle parle à son ordinateur, joue à des jeux d’argent sur le net, fait du sport avec la télé et du squash lorsqu’elle est stressée. Les Chambres rouges adopte « le point de vue de Kelly-Anne, jeune femme énigmatique aux motivations polymorphes ».
Durant le procès, on apprend que les vidéos de tortures et de meurtres de jeunes filles blondes sont les plus recherchées et les plus rentables sur les mystérieux Dark Web et réseau TAR. Les vidéos sont mises aux enchères et payées en bit coins, ainsi pas de traces pour retrouver les auteurs de ces crimes ni de ceux ou celles qui les achètent. Cependant deux vidéos de jeunes filles assassinées sont en possession de la police, mais ne permettent pas d’identifier le meurtrier, une troisième est introuvable… Alors malgré l’accusation de la procureure, l’avocat de la défense plaide non coupable alléguant le manque de preuves. Le réalisateur souligne que circulent « plus de 5000 films ou séries répertoriés sous l’étiquette “serial killer” [et que] la fascination morbide qui leur est consacrée atteint aujourd’hui son paroxysme avec toutes les séries de “true crime” qui affluent […] sur les Netflix de ce monde. »
Clémentine, l’autre jeune femme qui assiste au procès, est convaincue de l’innocence du prévenu et, dans un show TV, elle critique la couverture médiatique du procès. Susan Sontag a noté que « le flot incessant d’images violentes dans nos sociétés immunise les téléspectateurs et finit par saper leur capacité à réagir ». Et si l’on pense que la vidéo du meurtre de Jun Lin a été visionnée plus de 10 millions de fois en 24 heures, on peut se demander ce que cela signifie sur la société où la fascination prend la place de l’horreur et du dégout.
Lorsque les vidéos des deux meurtres sont montrées durant le procès, le public doit sortir de la salle d’audience, mais Clémentine est curieuse tandis que Kelly-Ann lui conseille de ne pas écouter ni de regarder. Mais pourquoi questionne Clémentine et qu’en sait-elle, à moins d’avoir visionné les vidéos. De retour à l’appartement de Kelly-Ann, celle-ci montre les deux vidéos conservées sur une clé USB, mais assure qu’elle ne sait rien de la troisième, d’ailleurs pas encore mise aux enchères. Clémentine est atterrée. Le lendemain matin, lorsque les deux femmes se rendent au tribunal, Clémentine demande à Kelly-Ann : « Pourquoi t’es là toi ? », puis décide de ne plus retourner au tribunal et rentre chez elle.

Basculement de l’image où Kelly-Ann tourne sur elle-même. Le lendemain, elle s’affuble d’une perruque bonde, et pendant le procès, elle met des lentilles bleues, un appareil dentaire comme Camille, la jeune victime de 13 ans, et son uniforme de lycée… Scandale dans le prétoire, et l’accusé, qui n’a jamais réagi jusque là, lui fait signe alors qu’elle est entraînée par la sécurité hors de la salle d’audience.
En revenant chez elle, son agent lui apprend qu’elle n’a plus de boulot et que ses photos sont retirées des catalogues. Elle participe alors aux enchères de la vidéo du calvaire de Camille sur le Dark Web, remporte les enchères et obtient la vidéo. Elle la visionne, mais sans voir les images, ni entendre les cris de douleur et de terreur de l’adolescente, on les imagine en observant le visage de Kelly-Ann qui, pour la première fois, exprime l’horreur. Dans la nuit, elle se rend chez la mère de Camille dont elle a repéré les lieux, entre par effraction dans la maison et dépose la clé USB dans la chambre de la mère de Camille. Cette troisième vidéo et les renseignements sur la clé USB donnent les preuves de la culpabilité du tueur, un homme ordinaire, assez fade qui n’a jamais commis d’actes délictueux. Il plaide coupable.
SI Clémentine dit vouloir se sortir le tueur de l’esprit dans une émission de TV, on ne sait rien en revanche sur les motivations de Kelly-Ann, dans la première partie du film elle est fascinée, attirée par ces meurtres horribles, elle reste le plus souvent impavide, brouille les cartes, puis, dans la seconde partie, on l’imagine en ange exterminateur qui fait réagir l’accusé en prenant l’aspect de sa dernière victime, blonde, broche pour les dents, les yeux bleus et portant l’uniforme de son collège et bien sûr en livrant anonymement les preuves avec cette troisième vidéo.

De plus, la vie de la jeune femme, immeuble hightech glaçant, univers connecté, pas de relations sociales sinon les séances de shooting photos, le sport chez soi, etc.… Une vie artificielle, vide et une ambiance qui fait penser à Her de Spike Jonze. Les Chambres rouges s’inscrit parfaitement dans les préoccupations éthiques contemporaines liées à la consommation technologique sur le mode du thriller angoissant. C’est, comme le souligne le réalisateur, « une œuvre qui réfléchit (et critique) notre fascination collective envers les meurtriers. Un anti-film de tueur en série, en quelque sorte. »
Les Chambres rouges de Pascal Plante au cinéma le 17 janvier 2024.

Stella. Une vie allemande
Film de Kilian Riedhof (17 janvier 2024)

Berlin, fin des années 1930, le film se base sur la vie de Stella Goldschlag qui rêve de devenir chanteuse de jazz à Broadway, sans paraître consciente de la situation et de la répression nazie. Elle est finalement rattrapée par la réalité et travaille dans une usine d’armement et doit porter l’étoile. Elle rencontre un garçon qui fait le trafic de faux papiers, mais elle est finalement dénoncée par une amie. À partir de là, son destin bascule. Interrogée par la gestapo pour révéler où se trouve l’atelier de fabrication des papiers, frappée et torturée, elle propose de dénoncer les juifs qui se cachent à Berlin afin de sauver sa peau et celle de ses parents, Commence alors la chasse abominable de celle surnommée le « grapin » qui provoqua la mort de 600 à 3 000 personnes. Elle ne sauvera pourtant pas ses parents qui seront déportés à Auschwitz.
Ce que montre le film c’est la manière dont un système totalitaire, nazi en l’occurrence, manipule les personnes. Stella a 18 ans en 1940, fille unique et choyée, elle n’est pas vraiment consciente de ce qui se passe autour d’elle et n’a qu’une idée en tête, survivre. « Je vais les remplir leurs trains » dit-elle avec cynisme et elle continuera son rôle de dénonciatrice jusqu’en 1945.
C’est alors qu’elle est arrêtée et emprisonnée pendant dix ans dans les geôles soviétiques. De retour en Allemagne, elle jugée en 1957 et tente de nier les accusations en disant « je n’ai jamais vécu normalement ». Durant le procès, elle donne l’impression de n’avoir aucun sens moral et d’être inconsciente des conséquences de ses dénonciations. « Soyez humain » dit une survivante.
Ce que décrit très bien le film, c’est la vie dans un Berlin sous régime nazi, la peur de chaque instant, l’indifférence des gens, la violence, les trahisons, l’instinct de survie, la guerre et les bombardements… Tout à la fois bourreau et victime, Stella se suicide en 1994.
Stella. Une vie allemande de Kilian Riedhof est un film puissant pour la réflexion qu’il engendre ; « Plus jamais ça ! » était le slogan après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, Depuis hélas les violences et les massacres n’ont pas disparu…
Stella. Une vie allemande de Kilian Riedhof au cinéma le 17 janvier.
À ne pas manquer.

Primadonna
Film de Marta Savina (17 janvier 2024)

Le récit se déroule en 1965 dans un village reculé de Sicile où bien sûr le patriarcat règne en maître. Lia est décidée à ne pas suivre les coutumes locales et rejette un garçon qu’elle connaît depuis l’enfance. Lorenzo est le fils d’un patron dans le village et ne comprend pas le refus de Lia. Il l’enlève pour la mettre devant le fait accompli et lui faire accepter le « mariage réparateur ».
Les familles se réunissent avec la bénédiction du curé, mais Lia refuse l’idée du mariage forcé et se rebelle, soutenue par ses parents. Malgré les intimidations qui se succèdent en toute impunité puisque la famille de Lorenzo fait partie des notables du village, Lia tient bon, ainsi que sa famille, elle traîne Lorenzo au tribunal. En s’insurgeant contre les traditions, Lia bouleverse avec courage les lois ancestrales du village et ouvre la voie du combat pour les droits des femmes.
Dans sa note d’intention, la réalisatrice souligne l’importance de réagir aux actes de violence sans idée de vengeance ou attitude de victime. Ce qui domine dans la lutte de Lia, c’est le droit à l’autodétermination,, une troisième voie souvent refusée aux femmes tant dans la réalité qu’au cinéma. « Elles sont réléguées dans des rôles binaires : Madone ou salope, vengeresse ou soumise, épouse ou vieille file. »
Primadonna marque le début d’une lutte pour un changement des mentalités dans laquelle Lia se heurte à son village, la religion et le patronat. Marta Savina réussit là un film superbe qui relate le combat d’une jeune femme contre une situation acceptée bien qu’insupportable.
Primadonna de Marta Savina à voir au cinéma à partit du 17 janvier.

Animal
Film de Sofia Exarchou (17 janvier 2024)

« j’ai voulu faire un film sur le travail et plus particulièrement sur le travail dans les conditions terribles imposées par le capitalisme occidental. Je voulais surtout parler de ceux qui connaissent la précarité, la noirceur, la fatigue induites par ces conditions », déclare la réalisatrice qui choisit comme cadre de son film le tourisme de masse. En Grèce, le tourisme de masse fait en grande partie des ressources du pays.
Le film se situe dans une île grecque où le personnel d’un hôtel all-inclusive se prépare pour la saison. Décors et costumes pour la frime, l’ambiance est menée par Kalia qui a toujours été animatrice, et il n’est pas question de flancher.
Le public est ainsi plongé dans l’univers factice de ce type d’endroit tout en faisant l’expérience des conditions de travail et de vie des animateurs et animatrices, littéralement prises au piège de leur boulot. Pas le temps d’y réfléchir.

Le film de Sofia Exarchou montre, sans aucune concessions, ce qu’engendre ce type travail, c’est pourquoi elle a structuré le film autour de « trois personnages féminins à des âges différents. L’idée était d’explorer le spectacle en soi — comme vecteur de joie et de plaisir — et comment les femmes s’y rattachent, les stéréotypes auxquels elles se heurtent, les rôles qu’elles sont contraintes de jouer, les plaisanteries qu’elles doivent essuyer chaque soir et l’exploitation de leur corps. La petite, Mary, a 6 ans. Kalia a la trentaine et ne compte plus le nombre de saisons qu’elle a faites. Pour elle, il n’y a pas de frontière entre sa vie et son boulot. Et puis il y a Eva, qui a bientôt 18 ans. C’est sa première fois en tant qu’animatrice et elle a très envie de trouver sa place dans ce monde ; son histoire est un peu un récit d’apprentissage. Le spectateur suit leur évolution mais, au fond, Mary et Eva sont des sorte de réminiscences d’une jeune Kalia. Ces trois femmes pourraient bien être un seul personnage à différents moments de sa vie. »
Remarquable étude sur le tourisme de masse, Animal de Sofia Exarchou est en salles le 17 janvier 2024

Krisha et le maître de la forêt
Film de Park Jae-Beom (17 janvier 2024)

Éleveuse de rennes nomade, la jeune Krisha vit avec sa famille sur les steppes de la toundra sibérienne. Lorsque sa mère tombe malade, Krisha écoute les conseils d’une vieille chamane et part à la recherche d’un mystérieux ours rouge qui lui est apparu en rêve. Il veille sur les peuples de cette terre gelée et se fait appeler le Maître de la Forêt.

Le renouveau de la stop-motion coréenne par le Studio Yona, mais nous en parlerons avec Iris Robin la semaine prochaine.
Le film est sur les écrans le 17 janvier.

Côté DVD et BR :
Anti-Squat
Film de Nicolas Silhol (16 janvier 2024)

« Depuis 2009, une expérimentation d’offre alternative à l’hébergement d’urgence par l’utilisation de locaux inoccupés a été mise en place. Ce système, renforcé par l’article 29 de la loi ELAN (Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique) de novembre 2018, permet aux propriétaires de confier leurs biens vacants à des organismes publics ou privés afin d’y loger des résidents temporaires. Le but de ce dispositif est de protéger les espaces vacants d’une occupation illicite et de trouver des places d’hébergements pour les personnes en situation précaire. »
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’histoire d’Inès, menacée de se faire expulser de chez elle avec Adam, son fils de 14 ans. « Elle est prise à l’essai chez Anti-Squat, une société qui loge des personnes dans des bureaux inoccupés pour les protéger contre les squatteurs. » Son rôle consiste à recruter des résidents, qui remplissent certaines conditions : avoir un travail et des revenus. Très vite, elle se rend compte que l’idée est avant tout guidée par le profit, autrement dit c’est l’exploitation de la précarité. Inès est tiraillée entre la peur de se retrouver à la rue avec son fils et le sale boulot que lui demande la société Anti-Squat qui l’emploie. En fait, cela raconte quelque chose de notre époque : « la restriction des libertés, la servitude volontaire et, face à ces dérives, la tentation de la révolte. »
Le film est social et politique sur les travailleurs pauvres. « Aujourd’hui, avoir un métier ne suffit pas toujours à s’assurer une situation stable et décente. Parmi les conditions de recrutement d’Anti-Squat, les candidats doivent avoir un contrat de travail. » C’est un film d’anticipation immédiate. Donner la vision d’un monde où des travailleurs motivés, « flexibles et précaires exploitent d’autres travailleurs motivés, flexibles et précaires dans une zone de banlieue non identifiée. Ce monde de demain, c’est déjà aujourd’hui. »
Anti-Squat de Nicolas Silhol en DVD BR VOD à partir du 16 janvier


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