Chroniques rebelles
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Samedi 6 juillet 2024
Only the River Flows de Wei Shujun. Here de Bas Devos. L’Arbre à contes, 3 courts métrages : Le Voleur d’arbres de Rashin Kheyrieh, Une Histoire douce de Mohammad-Reza Abedi et Le Génie du pommier d’Alla Vartanyan. Vas-tu renoncer ? de Pascale Bodet. Le Paris des bouquinistes d’Alexia Delrieu et Albert Abid (Entretien). Racismes d’Etat. Etats racistes Une brève histoire d’Olivier Le Cour Grandmaison (suite).
Article mis en ligne le 8 juillet 2024

par CP

Only the River Flows
Film de Wei Shujun (10 juillet 2024)

Here
Film de Bas Devos (10 juillet 2024)

L’Arbre à contes. 3 courts métrages (10 juillet 2024)
Le Voleur d’arbres de Rashin Kheyrieh, Une Histoire douce de Mohammad-Reza Abedi et Le Génie du pommier d’Alla Vartanyan.

Vas-tu renoncer ?
Film de Pascale Bodet (sur les écrans depuis le 26 juin)

Le Paris des bouquinistes
D’Alexia Delrieu et Albert Abid


Entretien avec Albert Abid

Racismes d’Etat. Etats racistes
Une brève histoire

Olivier Le Cour Grandmaison (éditions Amsterdam)

Suite de la rencontre avec Olivier Le Cour Grandmaison le 22 juin à Publico,

Only the River Flows
Film de Wei Shujun (10 juillet 2024)

Dans les années 1990, trois meurtres sont commis dans la petite ville chinoise de Banpo, Les indices sont minces, un sac à mains abandonné près de la rivière et quelques vagues témoignages. Rien de bien précis qui puisse faire avancer l’enquête Ma Zhe, le chef de la police criminelle, chargé d’élucider l’affaire. Mais voilà, elle piétine, et l’inspecteur subit la pression de sa hiérarchie ; d’un côté, il est sommé de régler l’enquête rapidement, de l’autre, plus il avance, puis il est assailli par les doutes concernant les suspects potentiels et leurs motivations... Quelque chose lui échappe.
Only the River Flows est un film noir tourné en pellicule 16 mm, adapté d’une nouvelle écrite « dans le style littéraire des années 80-90, et porteur de thèmes alors très présents : d’une part le poids excessif de l’esprit collectif qui pèse sur l’individu, et d’autre part la solitude de l’individu face à un monde absurde. La nouvelle comporte aussi une forme de subversion du récit policier traditionnel : non seulement la résolution de l’énigme n’est pas son unique enjeu, mais l’œuvre est également plus secrète, plus inattendue, plus obscure que les récits policiers classiques. [Il est vrai] que l’incertitude qui traverse tout le récit, libère pour le film un certain espace, et lui permet de proposer une seconde lecture du texte : l’ambiguïté de la nouvelle, fait qu’elle peut être lue aussi bien comme une fable, une réflexion énigmatique sur le destin, ou encore un tableau des relations sociales à travers le portrait de plusieurs personnages. Une autre donnée essentielle de l’œuvre d’origine est l’époque à laquelle est située le récit. » Et c’est le côté fascinant du film, il s’agit d’abord des rebondissements imprévisibles de l’enquête, de la vie personnelle du commissaire héros dont l’épouse attend un enfant, enfin du contexte social de l’époque très différent de celui d’aujourd’hui. Il ressort de la recherche de Wei Shujun pour l’écriture du film, que la plupart des gens de cette époque, finalement pas si éloignée, croyait « en une certaine suprématie collectiviste, de sorte que se soucier de soi ou exprimer des sentiments individuels n’étaient pas monnaie courante. Dans le film [explique-t-il], je voulais mettre en avant des individus, qui d’un même élan composent la masse et s’en détachent. »
Plus on cherche à analyser en profondeur le sens de la vie, plus on a de chance de passer à côté serait la morale de l’histoire ? Pendant ce temps, le polar noir, social et philosophique s’élabore et l’enquête se poursuit…
Only the River Flows de Wei Shujun au cinéma le 10 juillet.

Here
Film de Bas Devos (10 juillet 2024)

Plans d’immeubles en construction, les grues, le vent… Plans fixes et éloignés, plans moyens puis à l’intérieur des bâtiments. Les ouvriers ont terminé leur journée, c’est la veille des vacances, quatre semaines. La caméra suit Stefan, plans fixes des trains de banlieue et de terrains en friche alentour. Stefan est ouvrier près de Bruxelles, c’est son dernier jour de travail et la veille de son départ dans sa famille, en Roumanie. Il vide son frigo et prépare une grande marmite de soupe pour la distribuer en guise de cadeau d’au revoir à ses amis.
Son chemin croise alors celui d’une jeune femme, belgo-chinoise, qui prépare un doctorat, elle lui explique sa recherche sur les mousses et l’importance de leur rôle dans l’écosystème. Peut-être s’agit-il d’un moyen de réévaluer le lien brisé entre l’homme et la nature… « la mousse est une métaphore puissante pour parler de ce “maintenant épais et fibreux” : intimement lié à l’avenir et au passé, mais dans le présent, et intensément lié à l’environnement, à la qualité de l’air et de l’eau environnantes, à la quantité de lumière du soleil. Le comportement humain trouve un écho dans ces lits moelleux de végétation spongieuse. »
Dans le film, explique Bas Devos, « Shuxiu est le guide de Stefan, mais c’est aussi le nôtre. Le film s’achemine vers un moment d’immobilité, un moment d’attention totale. Lorsque Stefan rencontre Shuxiu dans le no man’s land marécageux créé par l’homme entre Bruxelles et Vilvorde, ils partagent un moment d’intimité. » Un moment où la nature reprend ses droits, où chaque plante, tige, fleur, filmée en très gros plans, sorte de parallèle aux plans des chantiers du début du film, illustre une reconquête de la végétation sur le béton.
Le réalisateur dit avoir été inspiré par Ursula Le Guin et l’un de ses essais, La théorie du sac à dos de la fiction, où elle oppose à l’image d’un homme chasseur armé d’une lance, « un récit plus féminin. S’éloignant de cette image héroïque [traditionnelle], elle recherche des histoires de coopération, de partage, de rassemblement. Car c’est cette accumulation, ce stockage et ce partage qui nous définissent vraiment en tant qu’êtres humains. C’est après avoir lu cet essai que le scénario a commencé à se mettre en place. » C’est donc l’histoire simple d’un homme qui prend conscience de la nature derrière l’envahissement du béton et ce que signifie être humain. En voix off : Le rêve devient la nature…
Here de Bas Devos au cinéma le 10 juillet.

L’Arbre à contes. 3 courts métrages (10 juillet 2024)
« La forêt est un bien précieux pour l’humanité » rappelle le dossier de presse, mais les forêts primaires sont en constante régression en raison des activités humaines. En Amazonie, la technique du brûlis utilisée en agriculture vivrière est responsable de la destruction de nombreux hectares. C’est « l’exploitation des ressources minières, des énergies fossiles ou la culture intensive de plantes souvent exogènes (pour produire de l’huile de palme par exemple), qui est responsable de la disparation rapide d’une grande partie des forêts à l’échelle mondiale. » Si en France, les forêts semblent moins en danger, il n’en demeure pas moins que le résultat de l’accélération de l’exploitation forestière, qui vise au remplacement d’essences autochtones par des variétés étrangères, peut avoir des conséquences néfastes sur la biodiversité ou la qualité des sols et conduire à des paysages bien uniformes. De même les changements climatiques ont de lourdes conséquences sur les forêts, les tempêtes fréquentes, les sécheresses et les incendies participent à la destruction à terme des forêts. Les trois films proposés sous le titre L’Arbre à contes illustrent chacun de manière poétique et allégorique l’importance du respect de la nature, qu’il s’agisse des forêts ou des animaux qui y vivent. Les trois histoires sont des fables philosophiques accessibles aux jeunes enfants et un plaisir des yeux pour les adultes. De plus, si les bandes sons sont brillantes, elles sont internationales, sans dialogues et l’on rejoint là les romans sans paroles et leur force.

Le Voleur d’arbres réalisé par Rashin Kheyrieh (9 min 40 / papier découpé)
Le voleur d’arbres est inspiré d’un poème et il évoque en effet son ambiance lyrique par la narration en animation. Dans un atelier de menuiserie, un petit homme, tout habillé de bois, rêve de construire sa maison en bois. Il dessine un plan et part à la recherche d’une forêt, dont il décide d’abattre les arbres. Seulement voilà, elle est peuplée de familles de corbeaux qui assistent, sans rien pouvoir faire, à la destruction de leurs nids et de leurs œufs. Il y a l’égoïsme humain, puis les conséquences et la prise de conscience…
Rashin Kheyrieh réussit, dans cette animation en papier découpé, à transcrire la magie et la morale de l’histoire. Réalisatrice de nombreux courts métrages d’animation, elle est également autrice, illustratrice et peintre, notamment de plus de 90 livres pour enfants ainsi que d’une série intitulée « Sugarland/Shekarestan » diffusée sur la télévision iranienne.

Deuxième histoire : Une Histoire douce par Mohammad-Reza Abedi (15 min / papier découpé). La technique est aussi celle du papier découpé et participe à la magie de la narration graphique. Le coq chante et c’est le début de la journée d’un vieux bûcheron qui part en forêt. En route, il libère une biche prise dans un piège, croise un chasseur à la mine patibulaire qui tire dans tous les coins, abat un arbre mort et finalement recueille une cigogne blessée près d’un point d’eau. Son aile est ensanglantée et elle ne peut plus voler. Le vieil homme la ramène chez lui, la soigne avec sa compagne jusqu’à sa guérison. En forêt, il l’encourage à reprendre son vol jusqu’à ce que l’oiseau se lance. Plus tard, la cigogne reconnaissante lui apportera trois graines qu’il sème, et ne voilà-t-il pas qu’après quelque temps pousse et s’épanouit une magnifique pastèque, très lourde, remplie de pièces d’or que le vieil homme distribue… Le chasseur rencontré au début de l’histoire a tout observé et sa cupidité ne lui portera guère chance. Je vous laisse imaginer la fin de l’histoire qui ressemble à un conte des Mille et une nuits, et c’est un ravissement !
Mohammad Reza Abedi commence sa carrière dans le cinéma en 1971 et rejoint ensuite les studios Kanoon en 1982. Bien plus qu’un studio d’animation, Kanoon est avant tout un institut qui œuvre pour le développement intellectuel et culturel des enfants et des adolescents en proposant un large éventail d’activités culturelles et artistiques. « Par delà les chamboulements politiques du pays, Kanoon et ses artistes éveillent les consciences de toute une génération à travers des productions moins innocentes qu’il n’y paraît. » C’est une évidence et avant tout une réalisation merveilleuse et toujours sans paroles, une bande son internationale et un film certainement à découvrir.

Le Génie du pommier réalisé par Alla Vartanyan (10 min 46 / dessin animé)
C’est une autre technique, celle du dessin animé, qui met en scène une fête villageoise à l’ombre d’un magnifique pommier. La fête terminée, le paysan s’endort et il se passe de drôles choses du côté du bel arbre, sans pour autant étonner les oiseaux qui y sont installés. Un génie, le génie du pommier qui y a installé sa demeure, avec un petit tapis devant la porte, tout le confort. Sauf que le paysan et son âne, qui veillent sur leur pommier avec beaucoup d’attention, travaillent et font du bruit pendant la journée et, par conséquent, empêchent le génie, dont ils ignorent la présence, de dormir.
Née à Moscou, Alla Vartanyan est entrée au département d’animation de la British Higher School of Design, puis a suivi des cours au studio Soyuzmult film. Elle réalise son premier film, Tip Top, puis Le Génie du Pommier et Birds, by the way !. Elle vit actuellement en Suède où elle travaille aussi à la réalisation de publicités et d’illustrations.
Le Voleur d’arbres de Rashin Kheyrieh, Une Histoire douce de Mohammad-Reza Abedi et Le Génie du pommier d’Alla Vartanyan, trois films merveilleux à goûter sans barrières d’âge ni de langues ! un vrai plaisir ! Au cinéma le 10 juillet.

Vas-tu renoncer ?
Film de Pascale Bodet (sur les écrans depuis le 26 juin)

L’histoire d’une amitié à la fin des années 1860, celle d’Édouard Manet et de Charles Baudelaire, transposée à notre époque. Voilà, Édouard est peintre et Charles est poète, tous deux sont découragés, car leurs œuvres sont décriées, rejetées, caricaturées. Alors qu’Édouard attend son ami, qui loupe presque toujours leurs rendez-vous, surgit Gulcan, un étranger incompréhensible, qui attache ses pas à ceux d’Édouard et ne le lâche plus. Il s’impose même avec sa langue de nulle part et son statut qu’on ignore, mais il comprend tout et se moque de la dispersion des deux amis, veut leur redonner avec humour une sorte d’espoir, dans tous les cas il est une parenthèse cocasse et même burlesque.
Beaucoup de chats dans cette histoire, en peluche ou vagabondant sur les toits de Paris… D’ailleurs le film est aussi une longue balade dans Paris, entrecoupée de discussions, de déclarations issues de la correspondance des deux artistes du XIXe siècle, réincarnés en artistes quelque peu désabusés au XXIe siècle : « Je voudrais vous avoir ici, mon cher Baudelaire ; les injures pleuvent sur moi comme grêle, [...] j’aurais voulu avoir votre jugement sain sur mes tableaux. […] Il faut donc que je vous parle encore de vous [répond Baudelaire]. C’est vraiment bête ce que vous exigez. On se moque de vous. Croyez-vous que vous soyez le premier homme placé dans ce cas ? »
Leur échange épistolaire colle très bien comme dialogue de notre époque. Pascale Bodet le souligne en rappelant que « Manet avait beaucoup souffert de la mauvaise réception de ses œuvres et [qu’] il avait effectivement demandé à Baudelaire “ce qu’il valait”, on a de cela des témoignages. Moi, j’ai fait comme si c’étaient les caricatures qu’on voit à la fin du film qui faisaient souffrir Edouard. […] J’ai tenté d’extraire de la relation historique entre Baudelaire et Manet quelque chose qui pourrait exister aujourd’hui : deux artistes insatisfaits tant du point de vue de leur art (Charles), de la reconnaissance de leur art (Edouard), que de leur amitié (Charles et Edouard). Deux amis insatisfaits qui se mettent dans des rapports de dépendance et de mendicité. Cet “Aujourd’hui comme avant” est à la base du projet, et c’est d’ailleurs pour ça qu’un film en costumes aurait été un contre-sens. Alors le film commence avec Edouard et Charles, c’est-à-dire deux artistes en demande comme il en existe des milliers de nos jours, qui tournicotent aux alentours des institutions culturelles, et avant même qu’on pense à Baudelaire et Manet, j’ai parié que le film fonctionnerait sur cette situation. »
Quant à la balade dans un Paris muséal, « Beaubourg et la BNF n’existaient pas au XIXè siècle [dit Pascale Bodet], mais puisqu’il s’agissait de déplacer le XIXe siècle dans le XXIe siècle, ces institutions aussi sont importantes. Pour les autres décors, il y a des petites rues plus anonymes. Je voulais un Paris qu’il n’aurait pas été possible de filmer dans un film à plus gros budget. Je voulais qu’on voie les gens et que mes personnages s’en distinguent par le cadrage, ou par une certaine manière de se tenir, qu’ils s’extraient de la foule qui est un grand thème baudelairien. Ce n’est pas des tableaux que je voulais filmer, mais une ville en partie muséifiée, dans laquelle le hasard et l’aléa restent possibles. »
Avec Vas-tu renoncer ? Pascale Bodet rend possible ce pont à travers le temps, la création artistique, sans icônes, mais avec beaucoup d’humour.
Vas-tu renoncer ? de Pascale Bodet sur les écrans depuis le 26 juin.

Vas-tu renoncer ? de Pascale Bodet est une balade et nous vous en proposons une autre, à travers le temps aussi, donc pas si différente, puisqu’il est question d’écriture, de poésie, de textes, d’images et de Paris…avec un très beau livre à feuilleter et à partager…

Le Paris des bouquinistes
D’Alexia Delrieu et Albert Abid


Le Paris des bouquinistes est en effet une balade dans Paris à travers les livres, les coups de cœur, les souvenirs, les images… Car c’est à partir de cartes postales collectionnées depuis des années qu’Albert Abid et Alexia Delrieu nous offrent cette balade le long des quais, accompagnée d’un « florilège d’extraits de textes dans différentes monographies, carnets de voyage, journaux intimes, romans, poésies ou articles de presse. Apollinaire, Céline, Anatole France, Hemingway, Sartre pour ne citer qu’eux, flânent et conversent avec les bouquinistes, lucides, râleurs et farouchement libertaires ! »
Les bouquinistes « une délicieuse bibliothèque publique » comme le dit Guillaume Apollinaire ? Certainement toute une histoire, mais également une lutte pour demeurer sur les quais et partager avec ceux et celles qui passent et s’arrêtent, attiré.es par un titre, une image, le plaisir de fouiller et de découvrir.
« Aucune ville [écrit Walter Benjamin] n’est liée aussi intimement au livre que Paris. Si Giraudoux a raison quand il dit que l’homme a le plus haut sentiment de liberté en flânant le long d’un fleuve, la flânerie la plus achevée, par conséquent la plus heureuse, conduit ici encore vers le livre, et dans le livre. Car depuis des siècles le lierre des feuilles savantes s’est attaché sur les quais de la Seine : Paris est la grande salle de lecture d’une bibliothèque que traverse la Seine. » (Walter Benjamin, Sens unique, précédé d’Enfance berlinoise et suivi de Paysages urbains, Maurice Nadeau, 1978.)
Les bouquinistes font partie du paysage parisien, bien plus que les envahissant panneaux publicitaires, espérons que cette tradition ne soit pas remplacée par des boutiques… On voit ce qui est advenu des champs Élysées, la soi-disant plus belle avenue du monde, plus de cinémas et l’envahissement des super marchés de luxe, remarquez quand on regarde sa finitude — l’Arc de triomphe, horrible monument à la gloire de la guerre et apothéose des instincts guerriers ! —… Alors qu’on nous laisse les quais et les bouquinistes pour rêver !

« Bouquinistes et voisins quai de la Tournelle, nous souhaitons rappeler que l’histoire et la vie culturelle de la capitale ne pourrait se concevoir sans cette architecture de boîtes vertes artisanales ! »
« Les bouquinistes, pour l’habitué des quais, sont devenus des figures tellement familières, par leurs silhouettes, leurs voix, leurs petites habitudes — le choix de leur marchandise et la manière de disposer leurs étalages — qu’ils font naître des exigences sourdes, aussi tenaces qu’ignorées. Que l’un d’entre eux déménage, déplace ses boîtes, son éventaire d’une centaine de mètres ; voilà rompu tout un patient équilibre ; la rive entière est à « repenser ». À plus forte raison s’il passe les ponts et s’expatrie de l’autre côté de la rivière ; c’est alors un bouleversement comparable à celui que provoquerait le transport à Montmartre, en une nuit, de la Sainte-Chapelle. » (Jacques Yonnet, Enchantements sur Paris, Denoël, 1954.)
Bouquinistes et les JO : « « Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. » (Camus)

Racismes d’Etat. Etats racistes
Une brève histoire

Olivier Le Cour Grandmaison (éditions Amsterdam)

Suite de la rencontre avec Olivier Le Cour Grandmaison le 22 juin à Publico, nous avons diffusé sa présentation samedi dernier, aujourd’hui ce sont certaines de ses réponses aux questions des personnes présentes.
1/—Sur la généalogie entre colonisation et racisme, le racisme et l’impérialisme ? 2/— Parallèle entre les différentes formes de colonisations : colonisation française en Algérie, colonisation israélienne de peuplement en Palestine, enfin aux Etats-Unis, la colonisation et le racisme d’État.
3/— Que pense-t-il de la commission mixte entre la France et l’Algérie ?
4/— En France, l’État raciste et la restriction des libertés ? L’importance des luttes.
Et concernant la situation en Israël Palestine, il cite Hannah Arendt…
Clé USB Durée : 37’ 01’’
Olivier Le Cour Grandmaison Publico 2
Radio Libertaire, les chroniques rebelles… L’important, ce ne sont pas les urnes qui changeront le système, mais la lutte !

Au Festival off d’Avignon, ce samedi 6 juillet à 20h
Le Freedom Theatre de Jenine au Théâtre des Carmes
avec la pièce And Here I Am
Texte de Hassan Abdulrazzak et Mise en scène de Zoe Lafferty
Interprété par Ahmed Tobasi,
d’après le récit de sa vie
Ahmed Tobasi est né dans le camp de réfugiés de Jenine en Cisjordanie pendant la première intifada (1987). Il est témoin pendant son enfance des répercussions violentes de l’occupation : la deuxième intifada, les raids militaires, l’invasion et la destruction partielle du camp.
Hassan Abdulrazzak, auteur d’origine irakienne, s’est saisi de cette histoire en mêlant le réel au fantastique et le comique au tragique pour restituer la complexité d’un voyage. Ahmed Tobasi incarne ainsi son propre personnage dans ce spectacle qui tourne à travers le monde depuis 2017, articulant le parcours d’un homme en quête de sa définition de la liberté avec l’Histoire de la résistance palestinienne autant armée que culturelle et artistique.
Billetterie du Théâtre des Carmes : 04 90 82 20 47

Festival international de cinéma :
Les Vendanges du 7ème art du 9 au 14 juillet à Pauillac
La mélancolie de Takuta KATÔ
All we imagine as light de Payal KAPADIA
Ernest Cole, photographe de Raoul PECK


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