L’affaire Pascal Taïs. Autopsie d’une bavure, (Arcachon, 7 avril 1993)

Maurice Rajsfus (L’esprit frappeur)
lundi 28 janvier 2008
par  CP
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Propagande sécuritaire oblige, les contrôles policiers sont aujourd’hui banalisés jusqu’à l’entrée des collèges, histoire de sécuriser les élèves. On peut s’attendre à l’amplification des violences policières et la multiplication des bavures. Flics et chiens à la sortie des écoles et tout est pour le mieux dans le monde parfait de l’ordre et de la sécurité.

Depuis 1994, le bulletin, Que fait la police ?, de l’Observatoire des Libertés Publiques recense les bavures et autres abus de pouvoir des soi-disant "gardiens de la paix" qui traquent en premier lieu tout ce qui n’est pas conforme, toute personne suspecte, par exemple pas tout à fait blanche. Que fait la police énumère chaque mois les dérapages, les brutalités, les aberrations de cette France bleue marine qui fait froid dans le dos.

En 1993, un inspecteur de police assassine le jeune Makomé au commissariat des Grandes-Carrières, dans le XVIIIe arrondissement. Un an plus tard, l’Observatoire des Libertés Publiques est créé et Que fait la police ? paraît en juin 1994 à l’initiative de Maurice Rajsfus qui, pour ce qui concerne la police, ses excès et son umpunité, fait œuvre d’historien et d’archiviste.

Après La Police hors la loi , La Police de Vichy , Les silences de la police. 16 juillet 1942 / 17 octobre 1961 (écrit en collaboration avec Jean-Luc Einaudi), Police et droits de l’Homme , 1953, un 14 juillet sanglant , La police et la peine de mort (1977 - 2000 : 196 morts) , Bavures. Ordre public désordre privé , Le vocabulaire policier , et Face à la marée bleue , voici le nouveau livre de Maurice Rajsfus : L’affaire Pascal Taïs. Autopsie d’une bavure, (Arcachon, 7 avril 1993) . Cette véritable enquête sur un drame ordinaire montre à quel point cette affaire est hélas emblématique d’une justice à deux vitesses quand il s’agit du droit des civils et des responsabilités policières.

Arcachon, 6 avril 1993, Pascal Taïs est arrêté et placé en cellule de dégrisement. Le lendemain, il est retrouvé mort dans la cellule à la suite de violences visibles.

Tout est alors fait pour dégager la responsabilité des policiers…
Deux non-lieux suivront avec la négation des faits et des évidences.
Il faut ajouter que la mort de Pascal Taïs s’ajoute à la longue liste des victimes de bavures policières qui a suivi le retour de Charles Pasqua au ministère de l’Intérieur, à la fin du mois de mars 1993.

« La procédure conduite dans l’affaire Taïs est édifiante, mais tellement semblable à bien d’autres cas mortels suite à une intervention des forces de l’ordre. Pour la police, il n’y a pas de victimes. Rien que des suspects coupables d’incivisme ou de rébellion. Face à la police, on ne trouve que des “individus” troublant l’ordre public, et qu’il convient de remettre à la raison. Le policier ne peut avoir tort : il représente la loi. Lui répondre peut justifier un passage à tabac, lui résister risque de correspondre à un arrêt de mort. Le policier ignore que la peine de mort a été abolie en octobre 1981." Maurice Rajsfus, L’affaire Pascal Taïs. Autopsie d’une bavure .