Autour de Larry Portis, passeur libertaire, historien, écrivain…

Samedi 6 août 2011
samedi 13 août 2011
par  CP
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QU’EST-CE QUE LE FASCISME ? Un phénomène social d’hier et d’aujourd’hui (AL)

« J’ai écrit ce deuxième livre sur le fascisme pour deux raisons. Tout d’abord, je pense qu’on vit un moment où les idées et les mouvements fascisants ressurgissent dans le monde capitaliste et, en conséquence, qu’il faut en parler et se préparer à les combattre, et les présenter d’une manière claire, débarrassée de certaines élucubrations universitaires ou autres. Deuxièmement, et puisque mon premier livre n’abordait pas d’une manière soutenue la question de la définition du fascisme, j’ai pensé qu’il fallait le faire. Je vois beaucoup de confusion sur la question, autant chez les militants progressistes qu’au sein de la population en général.[…]

Mon but est de montrer que le jeu des partis politiques est en grande partie un écran de fumée dissimulant les influences occultes et la violence permanente contre toute instauration d’une démocratie participative directe. Enquêter sur le fascisme mène forcément dans les coulisses de la scène politique, d’habitude invisible au plus grand nombre. »

HISTOIRE DU FASCISME AUX ÉTATS-UNIS (CNT)

Impérialisme et fascisme

« Cette volonté d’affaiblir, et même d’éliminer les protections de l’individu qui figurent dans la Constitution et les lois des États-Unis, est encore plus évidente dans la politique étrangère des États-Unis. Les exemples de cette volonté sont nombreux, en commençant par la création d’une nouvelle catégorie de prisonniers — l’« ennemi combattant », qui n’est pas considéré comme un prisonnier de guerre — pour ainsi contourner les conventions de Genève reconnues comme base du droit international. On peut citer l’utilisation de la base états-unienne de Guantanamo à Cuba pour éviter les lois en vigueur aux États-Unis sur la détention, ainsi que la création par la CIA d’un réseau de prisons, dans divers pays complaisants,
où la torture est pratiquée. La guerre menée unilatéralement contre l’Irak en 2003 est emblématique du cynisme de la politique états-unienne. La liste des crimes de guerre en Irak est effrayante : attaques massives contre les civils, massacres, destruction délibérée des infrastructures, usage d’ar- mes chimiques, de bombes et missiles à base d’uranium appauvri, de bombes à fragmentation, de mines antipersonnelles.
[…]

Il est nécessaire de souligner que les fascistes ne sont eux-mêmes que les produits d’un système politico-économique, les guerres étant inhérentes au système capitaliste. Et l’acharnement guerrier des gouvernements états- uniens est à l’évidence une réponse à une crise économique. Un élément de cette carence du système touche la relation entre le dollar et l’euro.

Le dollar domine les transactions financières internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : situation institutionnalisée par la création du Fond monétaire international (FMI) en 1944. Jusqu’en août 1971, le dollar était basé sur l’or à taux fixe, ce qui donnait une stabilité aux échanges monétaires. Le FMI, en outre, assurait le remboursement des créanciers. Les paiements se faisaient en dollars, ce qui permettait le renflouement des banques états-uniennes.[…]

Lorsque les inégalités sociales s’accroissent, que le niveau de vie baisse, la dictature est plus qu’une éventualité, c’est une obligation. La propagande est l’une des clés pour s’assurer de la passivité des populations et elle a atteint un niveau de sophistication incroyable. Reste le facteur exponentiel de la prise de conscience et d’une résistance multiforme qui paraît émerger dans les moments ou les situations imprévisibles. Et pour reprendre les paroles d’une chanson de Percy Shelley :

« Secouez vos chaînes ! Vous êtes beaucoup et ils sont peu ! »  »

Les Chroniques rebelles autour de Larry Portis avec Jean-Pierre Garnier, Cristine Hudin, Olivier Le Cour Grandmaison, Nicolas Mourer, Daniel Pinos, Serge Utgé-Royo…

Rediffusion