La Nueve

Samedi 3 décembre 2011
dimanche 4 décembre 2011
par  CP
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Selon les manuels d’histoire, la libération de Paris a commencé le 25 août 1944, quand la fameuse 2e DB du général Leclerc a pénétré dans la capitale par la Porte d’Orléans. En réalité, Leclerc a lancé l’offensive dès le 24 août en donnant l’ordre au capitaine Dronne, chef de la 9e compagnie, d’entrer sans délai dans Paris. L’officier, passant par la Porte d’Italie, a foncé sur le centre de la ville à la tête de deux sections de cette 9e compagnie appelée la Nueve.

Le premier véhicule de la Nueve est arrivé place de l’Hôtel-de-Ville le 24 août 1944 peu après 20 heures, « heure allemande ». Le soldat Amado Granell – le premier libérateur de Paris ! – en est descendu pour être aussitôt reçu, à l’intérieur de la mairie, par Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance, successeur de Jean Moulin.

Comme 146 des 160 hommes de la Nueve, Granell était... un républicain espagnol !
Le 26 août, de Gaulle descendra les Champs-Élysées escorté et protégé par quatre véhicules de la Nueve. Amado Granell et sa voiture blindée ouvriront le défilé.

Rescapés de la guerre civile contre Franco, engagés dans l’armée de la France libre, les républicains espagnols de la Nueve libéreront ensuite l’Alsace et la Lorraine, se battront en Allemagne. Sur les 146 qui avaient débarqué en Normandie, seuls 16 d’entre eux seront encore là pour pénétrer – les premiers ! – dans le nid d’aigle d’Hitler, à Berchtesgaden.

Evelyn Mesquida donne la parole à ceux qui ont survécu.

L’histoire officielle est toujours celle des vainqueurs, et ses « spécialistes » patentés font preuve d’une volonté récurrente, celle d’occulter des faits, d’« oublier » des personnes, d’effacer des événements de manière à réécrire l’histoire selon les enjeux politiques et idéologiques du moment. La Libération de la France fut un de ces moments, volontairement mythifié, francisé à outrance, de manière à doper un imaginaire nationaliste, héroïque et fantasmé, quelque peu ébréché par quatre longues années de collaboration. Il s’agissait donc de gommer la participation des étrangers à la Résistance — bien que les exilés politiques furent, de fait, les premiers résistants à l’occupation nazie —, de même que leur part active à la Libération de la France.

Et pour cela « l’alliance communiste-gaulliste fonctionna de façon impeccable. Les uns et les autres marginalisèrent le rôle de tous les étrangers qui avaient lutté à leurs côtés, et ils expurgèrent tout ce qui les gênait. […] C’est ainsi que la participation étrangère, et surtout espagnole — qui fut la plus nombreuse —, disparut peu à peu des écrits jusqu’à s’évanouir totalement dans les mémoires. » L’opération politique de déni a très bien fonctionné et le livre d’Evelyn Mesquida, La Nueve, 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris, en fait la démonstration.

Cet ouvrage allie la recherche, les témoignages, les portraits et les faits pour restituer une autre vision de la Libération quelque peu fictionnalisée par les autorités françaises après la Seconde Guerre mondiale. Une manière peut-être de passer à la trappe la responsabilité de ces mêmes autorités françaises lors de la guerre civile espagnole et de l’agression fasciste que le pays subissait. Leur soi-disant « neutralité » vis-à-vis de l’Espagne révolutionnaire n’était guère glorieuse. Quant au traitement qui fut infligé aux milliers d’exilé-es espagnols fuyant la répression franquiste lors de la Retirada — la retraite —, ce fut « l’ignominie parfaite » comme l’écrivit Arthur Kœstler.

Déni de la Révolution espagnole ? Il faut dire qu’elle allait très loin cette révolution pour faire table rase ! S’attaquer au profit, brûler le fric, prôner l’autogestion, collectiviser… C’était trop pour les « démocraties » ! Et leur silence diplomatique, leur « neutralité » brandie comme justification de laisser faire le massacre, laissa la place libre aux fascistes qui firent de l’Espagne un terrain d’entraînement pour les agressions qui allaient suivre.
« La guerre civile constitua la première étape d’une campagne minutieusement organisée contre la démocratie européenne, et le début d’une Seconde Guerre mondiale délibérément préparée », écrivit l’ambassadeur des Etats-Unis en Espagne.

« Nous, démocrates espagnols, fûmes vaincus, dans une lutte inégale, par le fascisme international. » En France et en Afrique du Nord, les camps de la honte pour les vaincu-es qui fuyaient la dictature franquiste seront encore une preuve de la volonté d’« enterrer » la révolution espagnole.

La Nueve, 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris d’Evelyn Mesquida raconte ce que fut l’itinéraire d’hommes qui ne voulaient ni chef ni leader, dont beaucoup étaient antimilitaristes, qui endurèrent le pire, mais n’abandonnèrent jamais leurs convictions en la possibilité d’un monde plus juste, libre et égalitaire.

« La majorité des hommes qui composaient la Nueve avaient moins de 20 ans lorsqu’ils prirent les armes, en 1936, pour défendre la République espagnole : les survivants ne les déposeraient que huit ans plus tard. »

Et



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