Robert Doisneau, comme un barbare d’André Pozner, rencontres avec Prévert, une radio libre à Hambourg, des musiques à découvrir…

Samedi 22 décembre 2012
dimanche 23 décembre 2012
par  CP
popularité : 16%

Robert Doisneau, comme un barbare…

d’André Pozner (LUX)

Avec l’auteur

Et une radio libre à Hambourg : radio FSK

Deux émissions :

neopostdadasurrealpunkshow

et

Stimme - Reflektionen und Resonanzen

sur radio FSK

avec Jorinde Reznikoff, productrice et animatrice radio sur FSK.

« Nous avons bavardé sans fin, ri le plus souvent qu’à notre tour, je l’ai filmé, je l’ai accompagné dans ses déambulations, j’ai passé à ses côtés des moments d’amitié, de ces heures à ne rien faire et qui restent. Depuis qu’il est mort, petit à petit, une image de lui s’est installée, une image publique, et elle se superpose de moins en moins à celle que j’ai conservée en mémoire, qui a dû un peu se figer elle aussi, marquée par l’absence, par le manque. »

Ces mots qui s’offrent en prélude au livre d’André Pozner, Robert Doisneau, comme un barbare…, donnent d’emblée l’idée d’émotion et de connivence qui accompagne et marque tout le récit d’une rencontre, d’une longue balade et d’une amitié…

Les images en histoires que nous a laissé Robert Doisneau se suffisent la plupart du temps à elles seules, mais ce livre, ces souvenirs d’André Pozner en dévoile en quelque sorte les rencontres avec un réel transfiguré par le conteur-photographe.

Robert Doisneau, comme un barbare… d’André Pozner a de plus le don de déclencher des envies de curiosité, des envies de regarder le monde, autrement, et de prendre un appareil photos pour fixer des instantanés de la vie, pour partager des créations spontanées et fugaces.

Les photos de Robert Doisneau, elles racontent assurément des histoires, mais des histoires que celui ou celle qui les regarde s’approprie. C’est un peu comme lorsqu’on se promène la nuit et que le regard erre à l’intérieur des appartements éclairés… Des images presque dérobées.

Doisneau « a toujours préféré photographier ceux qui lui plaisaient, riches ou pauvres, réussis ou ratés de la vie, mais qui en tout état de cause avaient quelque chose de vrai à montrer, à dire ou à hurler, à cacher ou à cracher tout cru. » Et « le type qui se marre sous la pluie, c’est mieux que celui qui rit sur une plage. » Aux belles photos, Doisneau préférait les humains, la vraie vie, « mettre en lumière les laissés-pour-compte, aussi bien parmi les humains que dans le choix des décors. »

La fascination de l’image atteint aujourd’hui des sommets, tout passe par l’image, mais quelles images ? Celles qui occupent la plupart de l’espace public pour inciter à la consommation, celles de « gens célèbres qu’on montre aux “pauvres inconnus”, [autant dire] une espèce de fausse monnaie qui sert à faire patienter les gens dans les autobus ou le métro. »

Comme l’écrit André Pozner, si « l’humour et l’insolence sont en perte de régime, [si Facebook] l’amitié-business, a pris le relais » de la chaleur humaine, il est quand même à parier qu’« Il y aura d’autres petits bonshommes à casquette avec un sourire en coin », d’autres Doisneau qui capteront des images « comme lui seul savait en faire, lui qui décrivait l’appareil photo comme un engin à découper le temps ! »

« La poésie est partout [disait Prévert] comme dieu n’est nulle part »

Une radio libre, FSK, et retour aux à la propagande du XIXe siècle

Après des semaines passées sur le traitement médiatique des états d’âmes des membres de l’UMP, dans un des remakes favoris — le combat des chefs — qu’affectionnent certains journalistes, voici que les écrans et les ondes sont occupées et focalisent sur le « déménagement » et l’« exil fiscal » d’un comédien populaire. Des Valseuses (Bertrand Blier) à Mammuth (Benoît Delépine et Gustav Kervern), Gérard Depardieu serait-il devenu le « mauvais exemple citoyen », l’infréquentable ? S’ensuit une polémique tout aussi insipide qu’inintéressante…

Voici donc la préoccupation actuelle des medias de masse alors que la Syrie est en feu et sa population civile massacrée, alors que le chômage est au plus haut, surtout dans les banlieues, alors que la liste des atrocités et des injustices au nom du profit, partout dans le monde, est scandaleusement longue ! C’est vraiment se foutre de la gueule d’un peuple de gogos ou considéré comme tel ! Et c’est un comble — faut-il le souligner — que les politiques servent des leçons de morale convenue sur la finance et les impôts nécessaires « pour redresser la France » ! Sans blague ! Feraient mieux de balayer devant leur porte !

Au fait, si l’on parlait plutôt de Notre-Dame-des-Landes et du projet du fameux aéroport qui détruit tout un écosystème ? Pour la gloire d’un ministre, d’un gouvernement ? À chacun sa petite pyramide, n’est-ce pas…

« L’ayraut-port », comme le titre la première page de CQFD, est devenu une ZAD — une zone à défendre — et les robocops se défoulent, à coup d’arrestations brutales, de flashball, de bombes assourdissantes, de blessé-es pour déloger ceux et celles qui réoccupent les lieux et ainsi tenter de mettre fin à la résistance au projet imbécile du gouvernement.

Mais c’est la gauche ? Ah bon, mais quelle gauche ? C’est les mêmes outils, les mêmes mensonges et la même mégalomanie qu’avant ! Et l’on voit alors les sbires médiatiques ressortir leur argument massue à propos de ceux et celles qui s’opposent au projet de «  l’ayraut-port » : «  il y a parmi les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, des gens qui sont des sortes d’anarcho-autonomes, viscéralement anticapitalistes » ! Et voilà, le complot revient à grands pas, bien entendu pas question de dialoguer avec « des sortes d’anarcho-autonomes, viscéralement anticapitalistes ». C’est commode comme argument.

Depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à la mascarade de Tarnac, rien n’a changé… Même propagande servie et assénée par les médias aux ordres.

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