Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) de Guillaume Davranche. Les 10 derniers jours. 26 juillet — 4 août 1914 (Paris, Berlin Bruxelles). Du refus de la guerre à l’exaltation patriotique de Jean-Claude Lamoureux

lundi 2 mars 2015
par  CP
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Débat autour de la guerre de 1914-1918

-Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) de Guillaume Davranche (L’insomniaque/Libertalia).

-Les 10 derniers jours. 26 juillet — 4 août 1914 (Paris, Berlin Bruxelles). Du refus de la guerre à l’exaltation patriotique de Jean-Claude Lamoureux (Les nuits rouges).

Plusieurs ouvrages parus en 2014 ont permis — hors de la commémoration pléthorique — de comprendre et d’analyser la brusque montée du nationalisme, la répression, la propagande et les enjeux à la veille et autour de la Première Guerre mondiale. De même que la censure subie par toute la population. Quatre ouvrages, notamment, ont revu l’histoire officielle, qui a occulté bien des aspects de ces années importantes pour le mouvement ouvrier et les événements qui ont marqué tout le XXème siècle :

- Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) de Guillaume Davranche (L’insomniaque/Libertalia)
- Les 10 derniers jours. 26 juillet — 4 août 1914 (Paris, Berlin Bruxelles). Du refus de la guerre à l’exaltation patriotique de Jean-Claude Lamoureux (Les nuits rouges).
- La censure militaire et policière 1914-1918 de Maurice Rajsfus (Cherche midi)
- Militants contre la guerre 1914-1918 de Julien Chuzeville (Spartacus)

Aujourd’hui, en compagnie de Guillaume Davranche et de Jean-Claude Lamoureux, nous reviendrons sur les dix derniers jours qui ont précédé la guerre, avec la participation d’Agnès Pavlovski, animatrice de l’émission Lumière noire. Et, si nous en avons le temps, nous évoquerons les réactions des libertaires à l’épisode de la bande à Bonnot.

-Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) de Guillaume Davranche (L’insomniaque/Libertalia).

-Les 10 derniers jours. 26 juillet — 4 août 1914 (Paris, Berlin Bruxelles). Du refus de la guerre à l’exaltation patriotique de Jean-Claude Lamoureux (Les nuits rouges).

Aujourd’hui, en compagnie de Guillaume Davranche et de Jean-Claude Lamoureux, nous reviendrons sur les dix journées qui ont précédé la guerre, avec la participation d’Agnès Pavlovski, animatrice de l’émission Lumière noire sur Radio Libertaire. Et, si nous en avons le temps, nous évoquerons les réactions des libertaires à l’épisode de la bande à Bonnot.

Lorsque l’on songe aux années qui ont précédé la guerre de 14-18, surgit la question sur le basculement opéré avant l’entrée en guerre, depuis l’antimilitarisme ouvrier, important dans ce début de siècle, jusqu’à « l’unité nationale » ou « l’union sacrée »chantée sur tous les tons. Pourtant, « la religion imbécile de la patrie » et l’enthousiasme guerrier ne submergeaient certes pas ceux qui allaient par la suite se faire tuer dans les tranchées.

« De ces dix journées tragiques, la mémoire du mouvement ouvrier ne retient, généralement, que l’effondrement brutal des positions antimilitaristes et pacifistes, et le ralliement à la défense nationale. Or le déroulé des événements est plus complexe, entre l’hésitation des uns, le renoncement des autres, mais aussi les tentatives de résistance qui contredisent le mythe d’un engouement unanime pour la guerre. »

Le slogan de la Fédération Communiste Anarchiste, la FCA, « Contre tout militarisme, pour la grève générale » n e reflétait pas une position minoritaire. Cependant, il apparaît soudain, que « le militarisme est à l’ordre du jour. Les uns veulent le modifier et le rendre démocratique. Les autres veulent le “conquérir” aux aspirations révolutionnaires. [Mais la FCA déclare] : Nous affirmons que tout militarisme est une force essentiellement réactionnaire créée pour écraser les mouvements populaires d’affranchissement. Et nous […] sommes, plus que jamais, des antipatriotes. »

Si vivre au jour le jour la montée du nationalisme a pu jouer un rôle, si la crainte de la répression n’engageait pas à la prise de conscience et au recul critique, il n’en reste pas moins que, dans les derniers moments précédant la guerre, le retournement brusque et drastique de « l’opinion publique » provoque des interrogations. Il est vrai que, du côté français, l’argument avancé est que c’est une guerre de défense du territoire national et non pas offensive comme en attestent de nombreux discours : « Cette guerre, nous ne l’avons pas voulue, ceux qui l’ont déchainée, despotes aux visées sanguinaires, aux rêves d’hégémonie criminelle, devront en payer le châtiment. »

Nous tenterons donc, avec Guillaume Davranche et Jean-Claude Lamoureux, d’y voir plus clair, de comprendre et d’analyser la situation et les rebondissements durant les dix derniers jours de paix, du 26 juillet au 4 août 1914.