Université de Paris VIII Saint Denis en lutte

Les luttes, la création, la mobilisation, l’avenir…
dimanche 24 avril 2016
par  CP
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Nous parlerons de luttes, de mobilisation, de contestation, de création, de réappropriation de l’espace, du ras-le-bol non seulement de la jeunesse mais aussi de ceux et celles qui en ont marre d’être considéré-es comme des pions… Aujourd’hui, dans les chroniques rebelles, nous sommes en compagnie d’étudiants, d’étudiantes et de profs de Paris VIII / Saint Denis en lutte avec Hélène, Manon C, Ambre, Baptiste, Sarah, Félicie, Jeanne, Manon L, Wadii et Ana.

Et voici que le gouvernement de fiers-à-bras-têtes-pensantes veut prolonger l’état d’urgence de deux mois dans le but de « couvrir » l’Euro de football et le Tour de France au vu de la « grave menace terroriste » ; traduction : on va se faire moins de blé si ça n’est pas encadré, faut faire monter la pression parce que, outre l’effet d’annonce, c’est une pub gratuite pour attirer les gogos.

Si l’on dresse le bilan de l’état d’urgence, il se chiffre à plus de 3000 perquisitions musclées, avec également des assignations à résidence, des arrestations et finalement l’emballement programmé des violences policières…

D’ailleurs la police — qui a le blanc-seing du gouvernement —, ratisse large, en englobant dans les supposé-es terroristes, ceux et celles qui revendiquent le retrait de la loi pour un libre licenciement —dite « El Khomri » —, ceux et celles qui manifestent contre l’inscription du dispositif d’état d’urgence dans la Constitution, qui expriment leur mal de vivre et leur désir de changements dans les rassemblements «  Nuit debout  » partout en France, la jeunesse en général qui s’étonne que l’habituel « cause toujours » démocratique passe aussi rapidement au « ferme ta gueule » totalitaire, et les syndicalistes en saccageant, pour ne citer qu’un exemple récent, le local de la CNT à Lille. Cela s’est passé le 20 avril : une vingtaine de policiers a défoncé la porte du local syndical au bélier pour pénétrer à l’intérieur et, sans aucun mandat, fouiller, détruire le matériel et procéder à des arrestations, sans oublier bien entendu les arrestations brutales d’étudiant-es, de lycéen-nes dont nous parlerons dans l’émission…

L’appel de STOPREPRESSION, intitulé « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable », est très clair sur la question des violences :

« Depuis novembre dernier et la proclamation de l’état d’urgence, l’État de la régression sociale et de la matraque a brutalement accéléré sa décomposition. Sa soumission à un capital piaffant d’impatience de pouvoir exploiter et jeter n’importe qui, quand et comme ça lui chante, est radicalement décomplexée. Le nombre de celles et ceux qui, se battant sans courber l’échine pour leur dignité, leur avenir, ou tout simplement leur quotidien, peuvent être traînés devant les tribunaux, traités comme des terroristes et, à l’image des Goodyear, condamnés à de la prison ferme, [ce nombre] ne cesse de croître. Au même rythme ont progressé les violences policières les plus méthodiques. […]

Combien de crânes ouverts et autres blessures graves, d’hospitalisations comme de points de suture, de tirs de flashballs, d’insultes, de menaces, d’arrestations jusque devant les lycées, de gardes à vue et de procès, avant que nous ne cessions de tolérer cela ? Combien de Malik Oussekine, [combien de Makomé M’Bowolé assassiné à 17 ans dans le commissariat des Grandes carrières], combien de Rémi Fraisse, finiront-ils par s’autoriser, combien d’Amine Bentounsi, de Zyed Benna, de Bouna Traoré et de violences policières quotidiennes dans les quartiers populaires surviendront encore, si nous ne mettons pas un terme à cette mécanique aussi sinistre qu’indigne ? Une telle violence exprime bel et bien l’infini mépris à l’égard de ces jeunes que Hollande avait prétendu mettre au cœur de son mandat. [Ce pouvoir] qui matraque la jeunesse est aussi faible et apeuré que méprisable. Il tremble devant elle, car sa radicalité n’est pas contrôlable. Il sait que la colère et la solidarité des jeunes contre ce qui n’offre que désespoir, misère et régression, grandissent. Il n’a pas oublié l’influence déterminante qu’elles et ils peuvent avoir sur l’ensemble des travailleur-ses. La façon incroyablement violente dont les CRS ont “accueilli” les étudiant-es venus rencontrer les cheminots à la gare Saint Lazare le mardi 12 avril, et arrêté arbitrairement l’un d’entre eux, illustre avec éloquence sa hantise à l’égard de toute jonction des étudiant-es et des salarié-es.

Alors que des politiciens, jusque dans les rangs du PS, veulent aller jusqu’à dissoudre “Nuit Debout !”, le gouvernement, profitant de l’ambiance entretenue par un blackout aussi complet que complice de la part des grands médias, lâche ainsi quelques miettes d’un côté tout en laissant, de l’autre, se succéder des journées saute-moutons qui, à elles seules, l’impressionnent peu. En tout cas bien moins que cette jeunesse déterminée qu’il cherche […] à briser par la force.

Laisser la matraque impunie, c’est porter une immense responsabilité. La condamnation de cette violence récurrente devrait être sans appel […]. Il est grand temps de se déshabituer de ce qui n’a aucune justification possible, sinon l’arbitraire des princes de l’État policier et du CAC40. Il est grand temps qu’avec les étudiant-es, les lycéen-nes, les travailleur-ses qui se battent non seulement contre un projet de loi inique, mais de plus en plus aussi pour une vie qui ne soit pas une simple survie, [il est temps que] nous fassions masse pour y mettre fin.  »

stopviolencespolicieres@laposte.net

J’ajouterais, pour reprendre un des slogans inscrit sur les murs de l’université de Paris VIII-Sain Denis, « Ils ont les milliards, on est des millions ! »

Défense collective :

Contacts

Legal Team — 07 53 82 19 10

defcol@riseup.net

@def_col sur Twitter

violencespolicieres@riseup.net pour l’action de groupe auprès du défenseur des droits


https://youtu.be/8viI9jolUcc

Vidéo de la réponse des étudiant-es de Paris VIII Saint Denis au mépris d’une élue PS du 14ème arrondissement de Paris


Dates de procès confirmées jusqu’ici : 9 mai et 26 mai, les deux avec un appel au rassemblement au palais de justice de l’île de la Cité à partir de 13h30.

Journée contre la répression en préparation.