Résistance dans le cyberespace : 8th Wonderland de Jean Mach et Nicolas Alberny. Théâtre : En boucle avec la compagnie les Arts Osés

Samedi 13 mars 2010
dimanche 14 mars 2010
par  CP
popularité : 9%

Et si Internet était un moyen de passer à la démocratie directe et un outil subversif pour lutter contre le système … Deux jeunes réalisateurs se posent la question dans 8th Wonderland , long métrage inventif sur le fond et la forme. Une technique surprenante qui sert à merveille le récit, les rebondissements qui s’enchaînent au gré des connections et de la réalité factuelle.

Le film part d’une réflexion : pourquoi subir les conséquences de décisions auxquelles nous n’avons pris aucune part ? Interrogation qui fait place à un constat volontaire : nous pouvons réagir, influer sur les débats, résister en créant des liens à travers le monde et par-delà les frontières, les cultures, et cesser d’accepter les lois absurdes de dirigeants sous l’emprise des intérêts financiers et de la géopolitique capitaliste…

Idée simple qui se développe par le biais d’internet pour finalement former un pays virtuel regroupant les hommes et les femmes qui refusent d’accepter la logique du profit au détriment des peuples. Quelques personnes déterminées au départ, puis d’autres qui se joignent au projet et décident de s’approprier un futur confisqué, de le transformer, sans chef et sans hiérarchie… Ensemble. Une voix compte pour un, et aucune n’est plus importante qu’une autre.

Internet leur permet de créer le premier pays virtuel, 8th Wonderland, point de départ de leur résistance. Actions et connections, échanges et solidarité, beaucoup traiteront ces Candides de naïfs et naïves primaires, mais pourtant…

Résistance et — pourquoi pas ? — révolution dans le cyberespace.

8th Wonderland, le film de Jean Mach et Nicolas Alberny pose la question de la démocratie directe — là tout de suite — plutôt que de subir les décisions de dirigeants politiques qui n’ont en tête que le pouvoir et le profit. Face à l’irresponsabilité du pouvoir et la fuite en avant des lois liberticides, des réformes à l’encontre des individus pour cause de rentabilité, il faut réagir !

Dans le film, le cyberespace devient une réalité subversive et politique. Pourquoi pas une prise de conscience collective et des groupes liés de manière informelle, décidés à faire des choses ensemble, des personnes issues de plusieurs cultures, de pays et de milieux différents, déçues par la politique mondiale ? Elles sont nombreuses. Et si Internet était un moyen de passer à cette démocratie directe pour contrer le système ?

Deux réalisateurs mettent cette utopie en images. Une voix compte pour un, et aucune n’est plus importante qu’une autre : « Le but de 8th Wonderland, souligne Jean Mach, est de faire passer l’humain avant l’économie, la finance et la politique. » Ça c’est pour le fond. Le traitement de l’image façon univers virtuel et l’utilisation de toutes les langues, ça c’est pour la forme.

Les communautés existent dans le cyberespace. Il y a les chats, et les gens communiquent déjà par-delà les frontières… Mais dans le film, il ne s’agit plus de seulement bavarder ou d’échanger des impressions, les personnes qui rejoignent 8th Wonderland sont actives et militent sur le terrain.

En revoyant le film, j’ai pensé à Un nouvel art de militer. Happenings, luttes festives et actions directes de Sébastien Porte et Cyril Cavalié, un livre dans lequel les auteurs — un journaliste et un photographe — posent ces
questions : « Que faire lorsque dans une société les modèles de contestation sont en crise ? Lorsque le pouvoir dominant récupère, absorbe et digère les oppositions une à une ? »

Or, dans 8th Wonderland de Jean Mach et Nicolas Alberny, les personnages du film sont dans la démarche, au plan individuel, de ne plus subir — passivement — en espérant que les « autres », les chefs, les responsables, prennent les bonnes décisions. Dans ce pays virtuel, ils/elles sont déjà dans l’action pour se réapproprier un pouvoir de décision : partager et agir sur les lois, sur l’écologie, sur le nucléaire, sur les dictatures, sur le travail des enfants, sur les inégalités…

8th Wonderland, le pays de la huitième merveille… Un pays idéal sur
Internet : sans frontières, sans hiérarchie, sans dieu ni maître !

http://www.youtube.com/watch?v=XE4OMhUrTL0

http://www.youtube.com/watch?v=kbiHOii4Ag0&feature=related

Théâtre : En boucle avec la compagnie les Arts Osés

En Boucle

Les jeudi et samedi à 21h45

Jusqu’au 29 avril

au théâtre du Pixel

18 rue Championnet

Paris 75018

Avec Sonya Mellah, Sophie Ricci, Frédéric Franzil, Richard Jones-Davies et Mehdi.