Droits des femmes : Femmes prisonnières aux États-Unis, Femmes en Algérie… La répression et les droits bafoués !

avec Nelly Trumel de Femmes libres
lundi 21 janvier 2008
par  CP
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Où en sont les droits des femmes ?
Le plus souvent, c’est la répression et les droits bafoués !
Le droit des femmes, c’est le droit au travail, le droit à l’égalité, le droit de choisir ou non la maternité, le droit d’affirmer ses choix sexuels, le droit à l’intégrité et à la dignité, et pour obtenir ces droits, il faut une solidarité des femmes de tous les pays.

L’année dernière, nous avons parlé de la situation des réfugiées en Bosnie-Herzégovine et plus particulièrement de l’action des Femmes de Srebrenica, cette année il sera d’abord question de la situation des femmes prisonnières aux États-Unis.
La militante Merle Africa est morte dans sa prison, le 13 mars 1998, dans des circonstances non élucidées.

Merle déclarait : "Notre système social et politique est totalement injuste. ce n’est pas parce qu’une décision est légale qu’elle est juste ! L’esclavage était légal, il respectait la loi de l’époque, pourtant était-ce juste de mettre des gens en esclavage et de les vendre ? Et demandez à Leonard Pelletier et à tous les autres prisonniers politiques condamnés à la prison à vie s’ils trouvent cela juste ? […]
Expliquez aux gens à quel point ils sont exploités et trompés, donnez leur la force de se rebeller contre un système injuste et de se battre pour revendiquer leurs droits naturels et inaliénables."
Au vu de ce genre de déclaration et du dernier rapport d’Amnesty International sur les femmes en prison aux États-Unis, on peut imaginer que le décès de Merle Africa n’a pas été totalement un accident.
Aux États-Unis, les prisonnières accouchent enchaînées, menottées… alors que l’on sait combien cela peut mettre en danger la vie de la mère et du bébé en cas d’hémorragie ou de "l’affaiblissemnt des bruits du cœur fœtal". Pour les malades, les opérées, c’est la même chose…

Et pourtant, les gouvernements des États-Unis sont donneurs de leçons sur les droits humains, ils ont aussi été à l’initiative de l’élaboration d’un système international de défense des droits humains, mais ils n’appliquent pas la législation internationale dans leur pays.
Les normes minimales, c’est pour les autres, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, aussi…
138 000 femmes sont incarcérées dans les prisons étasuniennes, trois fois plus qu’en 1985.
La "guerre contre la drogue" est le principal pourvoyeur des prisons, 40% pour les femmes. Et l’une des "caractéristiques les plus frappantes de la population carcérale féminine est la surreprésentation des personnes issues de minorités raciales ou ethniques. Le taux d’emprisonnement des Noires est plus de huit fois supérieur à celui des Blanches, tandis que celui des Hispano-Américaines est presque quatre fois plus élevé que celui des Blanches."

On ne répètera jamais assez que le racisme et le sexisme ont les mêmes racines. La discrimination raciale ou sexuelle, c’est la discrimination !
Le nombre de mères incarcérées est estimé à 80 000.
En 1997 et 1998, plus de 2 200 femmes enceintes ont été emprisonnées et plus de 1 300 bébés sont nés en prison. Dans 40 États, les bébés sont presque immédiatement séparés de leur mère après la naissance et les mères déchues de leur droit de garde.

Les violations des droits fondamentaux des femmes détenues sont quotidiennes, d’ailleurs encouragées par certains États : en Alabama, dans le Kentucky, le Massassuchesetts, le Montana, dans l’Oregon, en Pennsylvanie, dans l’Utah, le Vermont, la Virginie, en Virginie occidentale, dans l’État de Washington et du Wisconsin, les rapports sexuels entre détenus et membres du personnel pénitentiaire ne sont pas sanctionnés par la législation pénale.

Que peut faire une prisonnière à la merci de ses gardiens ? Certaines dénoncent quand même les violences sexuelles, comme Tanya Ross en novembre 1998, détenue à New York : "Je n’ai pas été condamnée à ça, … avoir des relations sexuelles bucco-génitales avec des gardiens."
Certaines ont accusé les gardiens de viols, d’organiser la prostitution dans les prisons…
L’enquête d’Amnesty International est accablante.


Les Chroniques rebelles reçoivent aujourd’hui Nelly Trumel de l’émission Femmes libres qui donnera toutes les informations sur la manifestation aujourd’hui et les actions à venir.

Dans la seconde partie de l’émission, Christelle et Baya nous parlerons de l’Algérie et des actions menées sur place non seulement pour résister, mais pour initier une autonomie des femmes, premières victimes de la violence.

Les intégrismes sont partout et visent à la même violence contre les femmes, brutale ou insidieuse, c’est selon.

La vigilance est en tous cas de rigueur. Alors : ni retour au foyer, ni repos du guerrier… les femmes contre l’ordre moral.