Le Cinéma des surréalistes. Alain Joubert. Images de Pierre-André Sauvageot (Maurice Nadeau. La cinémathèque de Toulouse)

CINÉMA
lundi 11 juin 2018
par  CP
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Le Cinéma des surréalistes Alain Joubert

Images de Pierre-André Sauvageot
(édité par les Editions Maurice
Nadeau avec le soutien de la Cinémathèque de Toulouse)

Entretien avec l’auteur.

S’il n’y a pas à proprement parler de cinéma surréaliste, comme le rappelle Alain Joubert dans sa « bande-annonce », il y a un cinéma des surréalistes, et c’est ce que l’on découvre grâce à ce très beau livre, Le Cinéma des surréalistes. Un point que souligne l’auteur est qu’« il n’existe pas de forme surréaliste de référence en matière de création, quelle qu’en soit la nature, cinéma compris. Le surréalisme n’étant pas une esthétique, il traverse toutes les formes et c’est l’état d’esprit de celui, ou de ceux qui s’expriment qui crée la différence ».

Cependant, bien qu’il ne soit pas question de « codification d’un certain type d’images », il n’en reste pas moins que le rapport des surréalistes au cinéma est très fort — pour ne pas dire fusionnel—, notamment par leur participation à certaines œuvres cinématographiques — donc par la création. D’ailleurs, selon Ado Kyrou, auteur du livre intitulé Le surréalisme au cinéma, auquel Alain Joubert fait souvent référence : « le cinéma est d’essence surréaliste ».

Finalement, on pourrait dire que le cinéma et le surréalisme se rencontrent ou se croisent chez certains et certaines cinéastes… « Amour, Liberté, Poésie », la « trilogie cardinale du surréalisme » est, par exemple, certainement présente dans le cinéma de Luis Buñuel, dont l’œuvre est en quelque sorte un fil conducteur au cours de chacun des thèmes abordés dans le livre d’Alain Joubert.

Demandez le programme ! Après la bande-annonce de présentation, vient le choix des thèmes et des films qui s’y inscrivent, mais, comme l’écrit l’auteur, certains peuvent figurer dans plusieurs catégories. Les thèmes sont dans l’ordre, la révolte, la subversion, l’humour noir, l’amour fou, le merveilleux, la passion, l’onirisme, l’inconscient, le mythe, le sacré, Éros et Thanatos, le nonsense… Un beau programme.

Bien sûr, les films cités dans le livre invitent à se remémorer — ne serait-ce que par leur évocation —, des moments intenses, parfois magiques, d’engagement aussi, surréels enfin dans le fond et même la forme. Car tout est lié dans la création cinématographique et rien n’est neutre. S’ajoute à la suite de l’énumération des films pour chaque thème — comme au cinéma —, la voix off de l’auteur, ses commentaires de cinéphile critique et passionné, l’histoire des films, depuis l’écriture jusqu’à la réalisation, les influences et les réactions qu’ils ont pu provoquer au moment de leur sortie et par la suite. On connaît évidemment de nombreux films cultes, qui ont nécessité des années, sinon des décennies, pour rencontrer la reconnaissance du public.

Le Cinéma des surréalistes d’Alain Joubert est une manière de pénétrer dans les salles obscures par la petite porte, celle des rêves et de l’imagination rebelle. Si le surréalisme n’est pas une esthétique, « il traverse toutes les formes » et c’est donc l’état d’esprit de celles et ceux qui le créent, s’y aventurent ou se l’approprient qui en font la différence.

Allez, j’ai presque envie de dire bonne projection !


Cinéma. Sorties du 13 juin :

3 jours à Quiberon de Emily Atef


En 1981, Romy Schneider accorde une interview au magazine allemand Stern sur sa vie personnelle et l’ensemble de sa carrière. L’entretien, mené par un journaliste en compagnie du photographe Robert Lebeck, ami de l’actrice, a lieu pendant la cure de Romy Schneider à Quiberon. Au fur et à mesure de l’entretien, on découvre une femme paumée, déchirée entre son métier et ses enfants.
3 jours à Quiberon reconstitue un épisode de la vie de l’actrice quelques mois seulement avant sa disparition. Le film est troublant en raison de l’interprétation de Marie Bäumer et de sa ressemblance avec Romy Schneider, mais également par le choix du noir et blanc qui accentue le côté crépusculaire du film. Denis Lavant apparaît dans une séquence se déroulant dans un café et c’est un grand moment de cinéma.

7 minuti de Michele Placido


Une usine de textile en faillite dépend d’un grand groupe, Rochette & Co, qui pose certaines conditions pour éviter un plan de licenciements massifs. La direction propose un « marché » aux ouvrières qui est de réduire leur pause déjeuner de sept minutes, non rémunérées, pour sauver les emplois.
Cela anticipe des futures mesures à l’encontre des employées, et lors de la réunion des onze déléguées du personnel, dix d’entre elles sont prêtes à accepter les conditions imposées par la direction. Mais la onzième déléguée considère la proposition comme un chantage inacceptable qui, non seulement, divise les salariées, mais est une remise en question des acquis sociaux. Tous les arguments pour refuser un tel deal sont alors exposés point par point…


Théâtre : 9 juin à 17h
Le collectif Manifeste Rien vous invite à la représentation de la pièce

Rappel à l’ordre !

d’après Gérard Noiriel

Comment appréhender les questions de communautarisme et de sécurité nationale ? Enquête des origines de la Première Guerre Mondiale à nos jours : du foot aux progroms, du poids de l’histoire coloniale à la crise des migrants. Le premier épisode a eu lieu à Marseille, en 1881. Des travailleurs d’origine italienne ayant sifflé la Marseillaise, sont pourchassés par la population. Bilan : trois morts. Et nous voilà parti.es dans le mythe des ennemis intérieurs…

Rappel à l’Ordre ! : 9 juin à 17h
au centre Ken Saro-Wiwa, 63 Rue de Buzenval, Paris 20ème. Entrée libre


Samedi 9 juin 2018 de 17h à 18h, dans le cadre du Club des livres de la Bibliothèque nationale de France.

Lancement du livre numérique codirigé par Hélène Fleckinger, Julien Bézille et Callisto McNulty, autour de la bande vidéo SCUM Manifesto (1976) de Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig. En 1976, Delphine Seyrig et Carole Roussopoulos tournent en vidéo légère une lecture mise en scène de SCUM Manifesto, pamphlet féministe radical de Valérie Solanas. Quatre décennies plus tard, cette vidéo restaurée par la BnF renaît sous la forme d’un livre numérique collectif. La version française de SCUM Manifesto est parue chez Naïma éditions

https://www.naimaunlimited.com/biblio/scum-manifesto/