Palestine-Liban. Carnets de voyage avec Claire.

La guerre "humanitaire" de l’Otan et le nouvel ordre mondial avec Diana Johnstone
jeudi 21 février 2008
par  CP
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Les bombardements de l’OTAN sur la Serbie et le Kosovo sont terminés et la guerre — qui ne s’appelle paraît-il pas une guerre -, est finie. La phase de la reconstruction est enclenchée - enfin pour le moment, il s’agit plutôt de déminage — et les réfugiés vont pouvoir rentrer chez eux.
À quel prix ?
Quelles sont les conséquences économiques, écologiques de cette guerre ?
Et ces bombes larguées dans la mer par les avions de retour des bombardements ?
Et la question récurrente : quels étaient les véritables enjeux de cette guerre soit-disant "humanitaire" ?

L’assourdissant consensus pro-guerrier de ces derniers mois n’a guère permis le débat en France. Pourtant, des journalistes, des intellectuels, des personnes ont tenté de comprendre ce qu’il y avait derrière cette suite de conflits en Europe de l’est. Il n’est pas question pour nous de prendre position dans un conflit qui nous apparaît comme une gigantesque manipulation et dont ont été victimes d’abord, et comme toujours, les populations civiles, qu’il s’agisse des Kosovars ou des Serbes.

Aujourd’hui, dans la dernière partie des Chroniques rebelles, nous reviendrons sur la signification de cette guerre "humanitaire" d’un nouveau type et sur le Nouvel ordre mondial avec Diana Johnstone, journaliste, qui a écrit "La Yougoslavie à travers un écran de fumée".
Mais tout d’abord parlons de réfugiés…

Nous sommes en mai. “Hicham, 13 ans, quitte en catastrophe avec sa famille son village. Effrayés par les récits des atrocités de la guerre et des massacres de civils, ils n’ont le temps d’emporter que quelques couvertures et des vêtements. L’adolescent ne pense même pas à amener le chiot qu’il avait adopté trois jours plus tôt. Dans quelques semaines, il sera de retour.” Nous sommes en mai 1948 et cela se passe près du lac de Tibériade.
Cinquante et un an après, Hicham n’a jamais pu retourner dans sa maison. Il est installé au Liban… En un demi-siècle, il “a subi onze exodes forcés. Jordanie, Syrie, Liban, Tunisie, Yémen.

Au Liban, Hicham est passé d’un camp à l’autre : “Ain el-Héloué, surpeuplé, Nabatiyé, rasé par l’aviation israélienne en 1974, Tell el-Zaatar, détruit par les milices chrétiennes en 1976, Chatila, meurtri par le massacre de 1982, Sabra, soumis au blocus de trois ans (1985-1988) par les milices chiites…

En 1948, près d’un million de Palestiniens et de Palestiniennes étaient expulsés, plusieurs centaines de villages palestiniens étaient rasés, des populations massacrées pour les pousser à partir… C’est la “Nakba”, la catastrophe. La question du retour des exilés et des réfugiés paraît sans cesse renvoyée à d’ultimes discussions alors que les chiffres officiels de l’UNRWA sont :
3 521 130 réfugié-e-s dont 30% vivent dans des camps, chiffres ne tenant pas compte des personnes "déplacées" au moment de la guerre de 1967 ? Quand donc le principe du "droit au retour des Palestiniens" sera-t-il reconnu ? Qui en parle ? La stratégie des différents gouvernements israéliens pour des changements structurels a réussi : non reconnaissance du droit au retour, nouvelles colonies, confiscations des terres et mainmise sur les ressources naturelles. Le processus négocié est en fait une réadaptation économique, politique et militaire de la position d’Israël dans la région. La dépendance palestinienne vis-à-vis de l’économie israélienne est totale.

Quant aux réfugiés palestiniens au Liban, on pourrait dire que ce sont les oubliés des oubliés. Dans le film de Samir Abdallah et de Walid Charrara, Nous reviendrons un jour… on y voir leurs conditions de vie, ou plutôt de survie. Aucun droit et une constante discrimination. 500 000 personnes dont personne ne veut, sinon sous terre comme le déclarent avec cynisme des libanais d’extrême-droite. C’est la négation du problème. Le processus de paix est-il finalement autre chose dans les faits qu’un démantèlement politique, social et culturel de la société palestinienne ?