Israël-Palestine. Mondialisation et micro-nationalismes.

Samedi 21 novembre 1998
dimanche 11 janvier 2009
par  CP
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Forum à Publico à partir de 16h30

avec René Berthier et Larry Portis.

Après les accords d’Oslo, ceux de Washington et les accords de Wye Plantation, l’Autorité palestinienne reprendrait le contrôle de 9% supplémentaires de la Cisjordanie, l’aéroport de Gaza serait ouvert et 250 prisonniers palestiniens seraient libérés.

Il faut cependant rappeler que 50 % des terres palestiniennes ont été confisquées depuis 1967, et qu’actuellement des colonies juives sont implantées à coups de millions de dollars.
La population palestinienne est confinée dans des villes-ghettos, le bouclage des Territoires occupés multiplie les difficultés des Palestiniens, les empêchant de travailler, d’étudier, de se soigner. Difficultés auxquelles s’ajoutent des mesures du Ministre de l’Intérieur israélien qui visent à vider Jérusalem-Est de ses habitants palestiniens. Sans parler des camps de réfugiés, des brimades et des humiliations quotidiennes, ou des aides financières de l’Europe qui sont bloquées.

La colonisation des territoires palestiniens occupés ne cesse pas et n’a jamais cessé, elle s’amplifie et les expropriations s’accélèrent. La droite israélienne au pouvoir n’abandonne pas ses rêves de Grand Israël. En 1992, le porte-parole des colons déclarait : "Laissez-nous 2 ans pour installer 200 000 colons dans les territoires occupés et alors on pourra discuter de ce qu’on veut, parce que de toute façon un retrait de territoires sera hors de question." Six ans plus tard, la stratégie est encore payante et le ministre Ariel Sharon encourage les colons à s’installer dans les territoires occupés.

Les colonies ? Elles entourent Jérusalem, occupent les collines de la région. Les routes reliant les colonies en Cisjordanie quadrillent la région et sont interdites aux Palestiniens. La stratégie des gouvernements israéliens concernant les changements structurels a réussi : nouvelles colonies, confiscations des terres et mainmise sur les ressources naturelles. (150 000 colons juifs, auxquels s’ajoutent les 160 000 de Jérusalem-Est, disséminés sur 140 colonies. Le gouvernement projette de les porter à 500 000 d’ici à l’an 2000. 15 000 hectares ont été confisqués depuis 1993). Le bouclage des territoires palestiniens entraîne une dégradation économique, sociale et politique. Le processus négocié est en fait une réadaptation économique, politique et militaire de la position d’Israël dans la région. La dépendance palestinienne vis-à-vis de l’économie israélienne est totale. Israël régit la vie et le développement des territoires "autonomes" : le gouvernement israélien refuse la construction du port de Gaza, l’aéroport.

Plus de 2000 règlements militaires permettent à l’armée israélienne d’intervenir et de déclarer telle ou telle zone comme territoire militaire au nom de la sécurité. Les autorisations de circuler relèvent de l’arbitraire absolu. Les sites archéologiques n’échappent pas à cette mainmise. Le soutien ouvert des États-Unis à l’État Israël et l’importance du complexe militaro-industriel israélien sont autant d’éléments à prendre en compte pour comprendre les enjeux du processus de paix dans la région.

Le processus de paix est dans les faits un démantèlement politique, social et culturel de la société palestinienne. L’accroissement de la misère, le maintien des réfugiés dans les camps, le chômage, l’espoir déçu d’une paix juste rendent la situation désespérée et explosive à Gaza, à Naplouse, à Hébron… partout. La majorité des prisonniers et des prisonnières politiques croupissent dans les prisons israéliennes. L’opposition à l’Autorité palestinienne est inexistante et le mécontentement grandit.

11 ans après le début de l’Intifada, la révolte des pierres n’existe plus en tant que contre-pouvoir populaire… la torture des prisonnier-e-s palestiniens a été autorisée par la Cour suprême d’Israël et Amnesty International dénonce des cas de tortures de prisonniers par l’Autorité palestinienne.

Le pouvoir est maudit disait Louise Michel… alors pendant que les chefs se font la guerre des mots, les populations de la région sont encore les victimes.

La situation en Cisjordanie :

> Zone A : zone sous responsabilité palestinienne en matière d’affaires civiles et de sécurité intérieure. La sécurité extérieure est sous responsabilité israélienne.

> Zone B : zone sous responsabilité palestinienne en matière d’affaires civiles. Israël assure la "responsabilité globale" de la sécurité.

> Zone C : zone entièrement sous responsabilité israélienne en matière d’affaires civiles et de sécurité, elle comprend des zones d’implantation et des zones militaires, des routes ainsi que des terres appartenant à l’État.