Les complexes militaro-industriels mis en accusation. Surarmement, pouvoirs, démocratie

Andrée Michel (l’Harmattan)
mardi 25 mars 2008
par  CP
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La France est le premier fournisseur d’armes au tiers-monde et pour renforcer notre “sécurité” le gouvernement poursuit une politique de reprise des essais nucléaires en Polynésie…
Dans ce contexte, on saisit l’importance du livre d’Andrée Michel, Surarmement, pouvoirs, démocratie , qui étudie les enjeux des complexes militaro-industriels (CMI), leurs buts et leurs liens avec les pouvoirs politiques.

Sur fond de discours “moral” et humanitaire, les grandes puissances ou les “pays riches” s’offrent les matières premières des pays du tiers-monde et s’octroient des droits refusés aux autres pays. Les moyens ont changé, mais l’impérialisme et la domination perdurent avec l’endettement, la complicité de certains dirigeants des pays en voie de développement ou par l’éclatement de conflits. L’armement représente souvent une part importante du budget national de ces pays alors que celle de l’éducation et de la santé publique est dérisoire.

Il existe actuellement 53 conflits dans le monde. Cette barbarie généralisée pour les populations représente pour les pays producteurs d’armes (États-Unis/France/Grande-Bretagne) un catalogue “live” des nouvelles techniques de destruction pour un marché mirifique. La soumission de la grande majorité des médias aboutit à une désinformation qui banalise l’horreur grâce aux nouveaux moyens techniques et audiovisuels, à l’abstraction de la mort des civils et des menaces découlant directement des conflits ou encore à l’occultation des voix qui s’élèvent contre la dérive médiatique. “Guerre propre”, “frappes chirurgicales”, “guerre du droit”, “Restore Hope”, “opération humanitaire”, etc… De la propagande à coup de formules promotionnelles alors que la guerre est toujours sale, meurtrière, que les civils sont les premières victimes et de plus en plus nombreuses.


Dans Surarmement, pouvoirs et démocratie , Andrée Michel décode les formules et casse les clichés. Cette étude des complexes militaro-industriels tente, au-delà de la dénonciation des puissances de guerre et du commerce des armes, l’analyse des origines du phénomène de la guerre comme seul règlement des conflits. Andrée Michel pose également la question de la responsabilité des citoyennnes et des citoyens : devons-nous nous soumettre au paradigme “qui assimile la résolution des conflits à la guerre et à la violence” ? Une réflexion qu’il nous faut reprendre à la lumière des événements internationaux et du climat actuel de terrorisme entretenu savamment pour “plonger chaque individu dans une peur qui l’isole des autres et le rend encore plus dépendant de l’État, et de lui seul [1]. “Après avoir été attribuées à l’ordre divin, la soumission de la société à la guerre et à la violence comme seul mode de solution des conflits et la soumission des femmes aux hommes comme seul mode de rapports entre les sexes furent présentées comme le résultat d’une fatalité et d’un déterminisme biologique, présidant à la nature humaine.

L’ouvrage d’André Michel, fruit de longues recherches sur le militarisme et le sexisme, est un outil indispensable à la connaissance de l’enjeu militaire dans les sociétés. C’est un livre clé qui montre comment l’État fonctionne comme véhicule du complexe militaro-industriel et une base pour l’étude de nouvelles formes de résistance à une fatalité qui ne l’est pas si l’on refuse de se soumettre à l’njustice, l’arbitraire, aux inégalités et la domination du fric. Agir au lieu d’élire avons-nous souvent répété, alors ce livre est un moyen d’envisager les alternatives à la société inégalitaire qui nous est imposée.

Christiane Passevant


Forum Femmes libres, Chroniques rebelles et Chroniques syndicales
en compagnie d’Andrée Michel
Vendredi 22 septembre à partir de 18h30 à la librairie du Monde libertaire 145 rue Amelot 75011 Paris
et Samedi 23 septembre à partir de 12h30 sur
Radio libertaire


[1Le gouvernement de la terreur” déclaration des Réfractaires Sans Frontières (chez La Bonne descente, 64 rue Rébéval 75020)